Elle est limitée à la période des grosses chaleurs estivales propices à l’évaporation de l’eau saline hautement concentrée.
Le liquide se déverse à partir de bassins improvisés sur des tables de cristallisation. Les sauniers n’ont plus qu’à attendre pour récupérer les monticules de sel blanc comme neige formés après évaporation. `
Le gisement de sel du village Ighil Ouantar dans la commune de M’cisna, qui faisait jadis l’objet d’une gestion collective par la population locale, est de plus en plus délaissé.
Et pourtant, ces salines naturelles exploitées de manière artisanale faisaient vivre peu ou prou des centaines de familles. “Le sel était exploité à tour de rôle puis reparti équitablement. La production était livrée sur le marché local mais aussi dans toute la vallée de la Soummam et au-delà où elle était écoulée en vrac. Le troc était également monnaie courante. Le sel était échangé contre des fruits, des légumes de saison ou de l’huile d’olive», se remémore un sexagénaire, l’un des rares sauniers du village à continuer contre vents et marées à vouer fidélité à ce métier ancestral en perdition.
La production de sel est saisonnière. Elle est limitée à la période des grosses chaleurs estivales propices à l’évaporation de l’eau saline hautement concentrée.
Le liquide se déverse à partir de bassins improvisés sur des tables de cristallisation. Les sauniers n’ont plus qu’à attendre pour récupérer les monticules de sel blanc comme neige formés après évaporation. “La tâche est généralement dévolue aux femmes. Les hommes quant à eux, s’occupent du transport et de la vente du produit», souligne notre interlocuteur. Et d’ajouter non sans amertume : “Aujourd’hui, rares sont les familles qui exploitent encore ce gisement car l’activité ne fait plus recette et ne nourrit plus son homme”.
Notre saunier cite une litanie de problèmes à l’origine, selon lui de l’abandon de ces salines, à l’image de l’intrusion dans les foyers de la réfrigération comme mode de conservation des aliments alors que dans le temps les gens avaient exclusivement recours au sel.
Il y a ensuite le rétrécissement du marché induit par la disponibilité à profusion du sel iodé issu des manufactures.
Les mises en garde, régulièrement réitérées par les experts quant aux risques de développer une hyperthyroïde (goître) si l’on consommait du sel artisanal dont la concentration en iode serait faible, ont fait le reste.
N. Maouche
