En interprétant quelques-unes de ses nouvelles chansons, dont une qui connaît déjà un franc succès dans la Chaîne II, alors que l’album n’est pas encore finalisé, et en reprenant magistralement les chansons de Idir, Djamel a carrément subjugué l’assistance venue de tous les villages qui ceinturent At Bumehdi. Déjà, sa première K7 a été largement appréciée par ses nombreux admirateurs. L’on se rappelle de « Amezwary di cetwa » (le premier jour d’hiver). « Kahina » et autre « Aargi » (le Targui) pour ne citer que ces trois chansons de son premier album qu’il avait édité en 2000. Ce sont des produits de très bonne qualité au point où la Chaîne II et Berbère Télévision ne ratent pas une occasion pour solliciter leur auteur. Dans ce nouvel album, intitulé « Fusion » titre générique très significatif et révélateur des goûts du chanteur, Djamel Kaloun est allé au-delà de son espace culturel, « tirer » la sève des autres arts et des autres styles musicaux pour « hybrider » excellemment ce qui sied avec ce qui appartient à l’autre. Ainsi, les styles africain (reggae) maghrébin (tindi et ganoui), andalous, celtes et américains (country music) ont trouvé leur espace au sein de la musique folklorique kabyle accueillante à souhait. Le « moulage » est tout simplement réussi. Pour Djamel Kaloun, « la recherche est la meilleure entreprise pour améliorer un style et surtout élargir l’espace musical. Il n’y a pas de frontières sans ce domaine heureusement, sinon l’art rétrécirait telle une peau de chagrin. » C’est pourquoi dans son village natal, Agouni Fourou,qui fait face au somptueux Djurdjura et à la multitude de villages de Ouacifs, de Michelet (Aïn El Hammam) et de Fort National (Larbaâ Nath Irathen) Djamel trouve le créneau, entre ses autres occupants, pour se consacrer à la musique qui reste, pour lui, une espèce de bouffée d’oxygène. Le nouvel album renferme huit chansons. La première, Talwit, est une sorte de contact et d’interpellation à l’endroit des peuples et des gouvernants. « Pourquoi n’y a-t-il pas d’amour entre les gens ? »Pourquoi y a-t-il des guerres ?… « J’entreprends un long voyage pour semer les graines de l’amour et de la fraternité »… Les cris lancés dans une mélodie où se mêlent le gnaoui, le reggae, la country music, et bien sûr la musique kabyle. Dans le second produit, Init, init, yidi ay arrac, le chanteur d’Aggouni Fourou, dans un style afri-kabyle, lance un appel aux jeunes pour « chanter, danser et profiter de la vie, car, cette vie, nous ne la vivons qu’une fois. « Les autres chansons, Amedakel-iw (mon compagnon), Am Laâyoun, a yemma ! (ô mère !), Tagrawla (révolution), Tettef tacitta (Elle tient une branche), sont toutes aussi agréables à écouter les unes que les autres. Là, également les différents styles musicaux « étrangers » viennent se greffer à la musique mère que Djamel dit avoir dans le sang. Avendayer qui côtoie la guitare et autre synthétiseur, les modes gnaoui es sahli qui jumellent avec l’andalou qui, lui « s’adapte » au style occidental. C’est tout ce « mariage » de styles qui fait du nouveau produit de Djamel Kaloun, dont la sortie est prévue pour octobre prochain, un album à écouter absolument.
B. Mechoub
