Tabourt est un petit hameau situé à l’est et à 6 km du chef-lieu de la RN 25. Le village n’offre aux passagers que désolation et amertume. Dans la lettre, les citoyens manifestent l’isolement et l’oubli. Nous nous rendîmes au village et au siège de l’APC pour nous informer plus de la situation. Les informations et les déclarations faites par le vice-P/APC sont insérées dans nos constatations et les points évoqués par les citoyens. Nous nous rendîmes à Tabourt en empruntant le CW. Au carrefour, appelé « Le passage », nous attendions presqu’une demi-heure dans l’espoir de trouver un moyen de transport mais notre attente était vaine. Nous parcourions environs deux kilomètres à pied et nous arrivions au lieu-dit. Là, nous rencontrons deux jeunes qui remplissaient des jerricans du réservoir d’eau dont les façades sont lézardées, fissurées, laissant ainsi l’eau s’infiltrer et couler. Le réservoir d’eau date de longues années. Il est à ciel ouvert malgré la dalle. Il est exposé aux maladies hydriques. Nous accostons les deux jeunes. Dans leur yeux, nous lisons un doute et un soupçon. L’un deux nous quitte et appelle ses amis qui s’adossaient contre le mur d’une vieille bâtisse. Les maisons sont précaires excepté quelques unes construites en dur par des propriétaires ayant bénéficié de l’autoconstruction, ou plus ou moins aisés. La localité ne souffre pas du manque d’eau potable car le réservoir alimenté d’une source est plein. Malgré cela, l’APC a mis à la disposition des citoyens une citerne payée aux frais de l’APC. Les citoyens ont soulevé le problème car le réservoir se situe loin des habitations. La quantité d’eau distribuée reste insuffisante et ne répond guère aux besoins des familles. La distribution n’a lieu qu’une fois tous les 10 jours et certains foyers ne sont pas touchés. Pour ces raisons, les citoyens demandent d’arrêter ce procédé. A ce sujet, le vice-P/APC nous déclara : « Nous avons engagé une citerne pour acheminer l’eau au village et sur budget de l’APC. Nous avons lancé un projet pour réaliser un puits. Les travaux sont en cours. Nous n’avons pas un projet AEP ». « En ce qui concerne l’habitat, une aide entrant dans le cadre de l’habitat en milieu rural n’est attribuée qu’aux citoyens possédant un acte de propriété et ayant fait une demande », nous déclare notre interlocuteur,avant d’ajouter : « Nous appliquions les textes en vigueur. Il en est de même pour les cas du séisme du 21 mai 2003 ». Le village est électrifié à 100% néanmoins l’éclairage public demeure insuffisant et ce qui est installé à Tabourt a été effectué sur budget communal et l’opération a touché tous les villages excepté Chabet Ikhlef, nous signale le vice-P/APC. Pour ce qui est des routes, celles-ci ne sont en fait que des pistes agricoles ou des chemins vicinaux. A cet effet, notre interlocuteur nous fait savoir que des travaux de réfection et de réhabilitation seront lancés dans les jours à venir. Les citoyens attendent un moyen de transport sous le soleil ou sous la pluie d’où la nécessité d’un abribus qui s’impose surtout au lieu-dit « Le passage ». Les moyens de transports sont quasiment inexistants, hormis les quelques riverains véhiculés que, par esprit de voisinage, de lien de parenté ou fraudeur, assurent le transport des riverains. Le problème des Abribus est soulevé car le voyageur, paye 25 DA de Bouira au « passage » c’est-à-dire le tarif du trajet Bouira-Aomar. Les problèmes des jeunes sont nombreux. Les jeunes de la contrée, pour la plupart âgés de 18 à 20 ans, vivent le calvaire. Durant la journée, ils fuient le village et ne retournent que le soir. Les jeunes veulent une aire de jeux, cependant l’APC ne dispose pas d’un terrain propre à ses biens et la réalisation de cette surface de jeux est impossible. Concernant l’emploi des jeunes, il s’avère qu’ils ignorent les textes qui stipulent le dépôt d’un dossier et l’inscription des concernés auprès des services de l’action sociale de l’APC. Les élèves poursuivent leurs études au CEM de Kalbous et au lycée d’Aomar. Ils font le trajet à pied et en l’absence des moyens de transports, ces enfants trouvent des difficultés dans leurs études. Pour ce qui est de l’implantation d’un bureau de vote à Tabourt, notre interlocuteur affirme que cette mesure n’est pas du ressort de l’APC. Notre randonnée dans la localité est terminée. Nous avons regagné le CW pour attendre un moyen de transport. Notre attente fut longue et vaine. Nous avons marché encore une fois 2 km pour enfin arriver à la RN 5 et prendre un fourgon assurant la ligne Bouira-Aomar. En définitive, Tabourt est un petit hameau en zone rurale. Les habitations sont éparses, les problèmes multiples et sont vécus par les citoyens de Tabourt qui espèrent des solutions qui diminueront de leur souffrance et de leur inquiétude.
A. Bouzaïdi
