Les syndicats de l’Education menacent de recourir à des mouvements de protestation à Tizi Ouzou, si des réponses « urgentes » aux problèmes posés ne sont pas apportées.
L’excellent résultat enregistré à Tizi Ouzou, dans les différents examens scolaires, BAC et BEM entre autres, est-il l’aboutissement d’une approche de gestion porteuse et efficace ? Pour les syndicat, Satef et Unpef, le fait que la capitale du Djurdjura vient en haut du tableau, n’est guère à mettre à l’actif des responsables du secteur au niveau local. Bien au contraire, l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation, bureau de Tizi Ouzou, estime que « rien ne va plus à la direction de l’Education de Tizi Ouzou ». Dans une déclaration rendue publique avant-hier, l’Unpef considère que les résultats obtenus au cours des examens de fin de cycles ne sont pas les seuls indicateurs d’une bonne gestion mais renseignent surtout sur « la valeur et le niveau de conscience des travailleurs à la base nonobstant les problèmes dans lesquels ils pataugent ».
L’illustration parfaite d’une situation de « non-gestion » du secteur de l’Education au niveau de la wilaya, se trouvent, selon des enseignants interrogés par nos soins, sur les « souffrances à la base de la corporation mais surtout des élèves et leurs parents qui ne savent plus à quel saint se vouer, tellement la situation frôle l’insupportable ».
Contestant l’optimisme de la tutelle, des enseignants citent l’exemple de la rentrée scolaire qui s’est faite dans des conditions « catastrophiques » dans certains établissements du primaire. Des communes ont mis du temps pour lancer des travaux de réhabilitation et d’entretien de ces écoles, ce qui a engendré une terrible pression sur les responsables qui se sont retrouvés face au mécontentement justifié des parents d’élèves.
L’Unpef cite, dans sa déclaration qui nous a été transmise, d’autres griefs contre la direction de l’Education « des échelons non appliqués depuis des années, des allocations familiales non perçues sans raisons, des heures supplémentaires non payées et dont les traces sont effacées, des salaires non payés ou versés dans des comptes de personnes inconnues et non récupérés depuis des lustres » et d’ajouter « des enseignants vacataires qui travaillent sans salaires, des primes non versées et dont les réclamations ne sont même pas prises en compte, des concours entachés d’irrégularités criardes au vu et au su de tous, une gestion anarchique de nos carrières » l’Unpef va très loin en parlant d’oubli ( volontaire ou involontaire, la déclaration ne le précise pas) dans les rappels de 2008 et 2009. Le syndicat accuse le premier responsable du secteur de l’Education de ne pas vouloir ouvrir un dialogue avec les partenaires sociaux. « Au lieu d’assumer ses responsabilités par l’ouverture d’un dialogue constructif avec les représentants des travailleurs pour trouver les solutions appropriées aux problèmes du secteur, le directeur de l’Education fait la sourde oreille » indique la déclaration signée par M.Sarni, le président du bureau de wilaya de l’UNPEF à Tizi Ouzou. Le syndicat rappellera les péripéties du conflit qui les a opposé à la tutelle l’an dernier, et qui ont conduit à la revalorisation des salaires « des milliers de réclamations individuelles et collectives ont été adressées à toutes les autorités supérieures. Des sit-in, des journées de protestation et marche grandiose ont été organisés dans les années passées pour exprimer notre marasme et attirer l’attention des pouvoirs publics sans qu’il n’y ait un quelconque écho favorable. Au contraire, à chacune des actions, la direction commet ( d’autres irrégularité et de nouvelles anomalies, apparaissent sans que les responsables directs de ce branle bas de combat ne soient menacés » et de s’interroger « que reste-t-il quand l’impunité règne et la médiocrité encouragée ?, que faire quand la tutelle réagit par la répression ? ». L’absence de réactions de la part de la direction de l’Education de la wilaya de Tizi Ouzou, risque, selon l’Unpef, de provoquer des perturbations de l’année scolaire en cours.après le Satef, c’est donc l’Unpef qui monte au créneau pour remettre en cause la politique de la tutelle et la gestion d’un secteur sensible. Nous avons vainement tenté de prendre attache avec le premier responsable du secteur de l’Education de la wilaya sans résultat. En l’absence d’une véritable cellule de communication vivement souhaitée, surtout quand la presse constate que la communication, le minimum existant, se fait selon l’humeur et l’affinité… Dommage pour une » direction de l’Education « .
Omar Zeghni
