Vallée de la Soummam / Le troc bat son plein

Comme les étourneaux en automne venant chercher nourriture, les sétifiens et les bordjiens, arrivent en cette période de l’année, pour faire de bonnes affaires dans les villages kabyles. A longueur de journée, ils sillonnent les routes des villages proposant en échange des légumes contre des figues sèches. Chacun trouve son compte dans ce marché où le troc est devenu coutumier. Les kabyles trient leurs productions en extrayant une partie qu’ils stockent pour la consommer le reste de l’année, ou la vendre et une autre partie est échangée contre des légumes. Les femmes optent surtout pour les poivrons et piments rouges qu’elles coupent en petits morceaux, les laissant sécher au soleil, avant de les moudre pour faire ressortir du poivron et piment moulus employés dans des sauces. Pour les Bordjiens et Sétifiens, les figues collectées, selon l’un d’eux, sont vendues à une usine de conditionnement de Aïn Oulmane. Nos voisins de l’Est semblent trouver chez les kabyles un créneau porteur. Ils ont même appris certains mots kabyles qui leurs permettent de communiquer avec les vieilles femmes, lesquelles constituent pour eux, leurs clientèles. Seulement gare aux arnaques ! En lingerie, des fois, ils vous proposent un produit de tapisserie à 10. 000 dinars et après négociations, ils baissent le prix à 2000 dinars. Aussi, ils s’investissent dans les collectes des produits ferreux et en plastique. Ils sont faciles à reconnaitre. Ils mettent à l’avant et à l’arrière de leurs véhicules, une caisse en plastique ou un soulier usé en caoutchouc pour préciser ce qu’ils collectent. Donc, la Kabylie est devenue par la force des choses, une région où rien ne se perd et tout se vend, tant les marchands arrivent aux portes. Pourvu que ça dure !

L. Beddar