Achadhoukh est une partie du lit de la millénaire rivière Assif N’Sahel au lieudit Aharach, à proximité du gros centre urbain de Raffour, où se sont formées avec le temps et les violentes crues chaque hiver, d’effroyables falaises longues de quelques 600 m et d’une hauteur dépassant les 60 m par endroits. Chaque hiver, durant la période des fortes crues de ce collecteur géant des eaux pluviales des deux massifs du Djurdjura et de Chréa qui l’ont pris en sandwich, les eaux drainées par des dizaines de ruisseaux et ravins de ces deux massifs sont drainées vers Assif N’Sahel, à ceux-là viennent s’ajouter d’autres dizaines de rejets d’assainissements des villes et villages des deux Daïras que sont M’chedallah et Bechloul. Ce qui donne une idée sur le volume d’eau collectée par cette rivière, les falaises ont été formées par le violent courant des crues déviées par la colline rocheuse d’Azrou El Djemaa légèrement en aval du pont Oued Sahel en bordure nord du chef-lieu de commune d’Ahnif dénommé localement la gare. Le courant des crues, en frappant violement de front au pied de ces falaises, creuse profondément dans la terre meuble et provoque des éboulements spectaculaires et fort impressionnants en entraînant d’énormes pans de terrains agricoles appartenant à l’ex-pépinière, des dizaines d’oliviers sont emportées chaque année par ces parcelles qui se détachent et se laissent choir dans les eaux de la rivière qui les emportent. C’est ainsi que les falaises s’avancent chaque année de plusieurs mètres en grignotant sur ces terres fertiles et en s’approchant dangereusement d’une ligne électrique de moyenne tension et d’un réseau sectoriel de transport de gaz de ville mitoyen de la ligne électrique tout deux réalisées en parallèle avec ces falaises dans le sens de la longueur. En nous rendant sur les lieux, sur sollicitation d’un groupe de citoyens de Raffour inquiets par l’avancée de ces falaises qui en plus de provoquer des dégâts irréparables sur les terrains agricoles et les oliveraies, constituent néanmoins, un véritable piège mortel pour les enfants de Raffour qui viennent quotidiennement jouer dans un terrain vague aménagé sommairement en stade ; à moins de 100 m de cet effroyable précipice, un piége qui guette aussi les troupeaux de cheptel qui s’approchent dangereusement du bord des falaises qu’on a même pas pensé a protéger par une clôture. L’APC de M’chedallah, les services de l’agriculture et ceux de l’hydraulique lesquels sont concernés en premier lieu par ce fait relaté doivent s’y pencher sans délais à fin de dégager une solution capable d’arrêter la progression et l’avancée de ces menaçantes falaises
D’autant plus qu’à l’heure actuelle, il existe plusieurs techniques pour freiner ce désastre, tel que l’utilisation d’un simple bulldozer pour dévier le cour d’eau et l’éloigner de ces falaises en l’orientant vers le milieu du lit de l’oued, large de plus de 200 m, ou encore l’aménagement d’un système de gabionnage dont une partie des matériaux qu’est la pierre est disponible sur place en quantité largement suffisante et gratuite, cet ouvrage peut être facilement réalisé sous forme de «brise-lames»
Ces falaises qui s’avancent chaque année et le gros centre urbain de Raffour qui enregistre une fulgurante extension vers la rivière à moins de 250 m à cause d’une importante démographie (14 000 âmes) finiront bien un jour par se rencontrer ce qui constituerait dans 20, 30 ou 50 ans, sans aucun doute, le même casse-tête chinois que celui que vit actuellement la ville de Constantine ou celles de Ouargla et Oued Souf.
Oulaïd Soualah
