Le débat peut paraître dépassé longtemps ressassé et peut-être même ringard, mais il demeure tout de même d’actualité qu’en déplaise aux responsables des administrations locales, qui ne cessent de nous matraquer avec leur discours cynique (et parfois carrément burlesque), selon lequel nos “administrations ont été modernisées pour assurer un service de qualité», mais la réalité demeure tout autre. Essayez, un jour où vous n’avez pas grand-chose à faire, de vous rendre dans une administration (n’importe laquelle !) un jour de visite, et vous assisterez à un petit bout du calvaire quotidien de petits gens se disputant un extrait de naissance, une autorisation administrative ou même une légalisation d’une photocopie. Partez voir ces gens qui s’agglutinent des journées entières dans les halls des directions de l’exécutif et qui n’ont d’autres réponses des soit-disant agents d’accueil, qu’il vaudrait mieux quitter les lieux car le directeur ou le responsable sollicité est absent. Souvent, très souvent, ces citoyens qui rentrent bredouilles, ont eu des nuits courtes et des dizaines de kilomètres parcourus juste pour déposer un papier ou pour compléter un dossier. Faites un petit tour au service de l’état civil de n’importe quelle localité ou de daïra et vous verrez, immanquablement, que les gens continuent de se disputer pour s’arracher une place dans la très longue file qui mène vers… l’extrait de naissance ou le certificat de résidence. Dans certaines communes, et pas uniquement au chef-lieu de wilaya, une journée pleine n’est souvent pas suffisante pour s’acquitter des précieux documents, alors que certaines personnes se font délivrer tous les papiers qu’ils désirent sans avoir même à bouger de chez eux. Si nos officiels refusent d’appeler cela “bureaucratie», alors, soit qu’ils ne veulent absolument rien voir, soit c’est nous et les citoyens qui n’ont rien compris à la chose. Et dans ce cas précis, tout le monde le sait, c’est la première option qui s’avère être la plus logique. L’administration algérienne, qui annonçait, tambour battant, que les citoyens du pays circuleront dans quelques mois avec des pièces d’identité ultra modernes, ne sait certainement pas, qu’elle venait d’enfoncer un peu plus ces mêmes citoyens dans un gouffre bureaucratique. Il lui aurait fallu plusieurs mois pour qu’elle reconnaisse (à demi-mots) la lourdeur des dossiers dont doivent s’acquitter les gens. Des mesures d’allégement ont été par ce fait, décidées par le ministère de l’Intérieur sans que cela, ne puisse vraiment soulager la lenteur des procédures. La bureaucratie, l’Algérien la connaît à force de trop s’y frotter. Mais ce qui est encore plus lamentable c’est que celle-ci n’a jamais été endiguée, encore moins gérée, car, aujourd’hui, elle gangrène toutes les structures de l’Etat et à tous les niveaux.
Ahmed B.
