Autant les écoles implantées dans les agglomérations urbaines croulent littéralement sous le poids des effectifs, autant celles situées en zone rurale se vident graduellement de leurs élèves. L’exode massif des populations et la baisse des natalités, sont les deux facteurs identifiés comme étant à l’origine de cette situation. La région d’Ouzellaguen n’a pas échappé à cette saignée inexorable avec à la clef, la fermeture en l’espace de quelques années, de plusieurs établissements primaires. Il s’agit de l’école de Hebane et tout dernièrement de l’école primaire du village Ighvane. «Cette fermeture était prévisible et à chaque rentrée des classes, on se disait que c’était la dernière. Et pour cause, la population scolaire a chuté drastiquement pour s’établir à moins de dix élèves, tous niveaux confondus», atteste un éducateur qui a eu à exercer dans l’école. A présent, seule l’école primaire d’El Djemaâ, un autre village de montagne situé à quelque 8 Km au nord du chef-lieu communal est encore opérationnel. Mais pour combien de temps encore ? «Le nombre d’élèves est en baisse de plus de la moitié. Si cette tendance se maintient, ce qui est plus que certain, on se dirige tout droit vers la fermeture», nous dira un instituteur, officiant dans cet établissement. Là aussi, la relation de causalité est établie entre d’une part, l’école et la dénatalité et d’autre part, la baisse de la population scolaire. Au niveau du collège du même village, situé à un jet de pierre du primaire, on compte moins de 802 élèves, répartis sur 4 divisions pédagogiques. «La plupart des locaux sont vides car nous n’avons qu’une seule classe par niveau. L’effectif est appelé à baisser dans les années à venir car la quasi-totalité des primaires qui nous pourvoyaient en élèves ont mis la clef sous le paillasson», affirme un enseignant de ce CEM.
N. M.
