Par: M. O. Benmokhtar
L’Aïd s’approche à grandes enjambées, mettant les ménages sur le qui-vive. Les familles ont appris, en effet, à se serrer davantage la ceinture à l’arrivée de telles occasions. Des occasions censées pourtant être des moments de fête et de joie. Hélas, en Kabylie, c’est loin d’être le cas. Le ramadhan, l’Aïd, le nouvel an, la rentrée scolaire…constituent, en effet, des circonstances de souffrances pour la population. Ces occasions mettent à nu la dure réalité que vivent les citoyens de la région. Plus ou moins surmontable durant toute l’année, la misère pousse la population jusqu’à ses derniers retranchements lors de ces «fêtes ». Cela d’autant qu’on doit sauver la face. La société kabyle se fait, bon an mal an, une obligation de célébrer dans la dignité les fêtes de l’Aïd. C’est ainsi qu’on puise dans le fond du tiroir. En parfaits connaisseurs de la société les commerçants mettent l’hameçon en ces occas’ pour renflouer leurs caisses. Ce n’est pas par simple hasard ou à cause du mauvais temps que les prix flambent au niveau des différents marchés à bestiaux. Que peuvent bien ces pères et mères de familles, qui travaillent pour des miettes, contre cette flambée, sinon de constater les dégâts ? Force est de relever d’ailleurs que bien des régions de la Kabylie font l’impasse depuis quelques années sur le sacrifice de l’Aïd. La pauvreté en est bien entendu pour beaucoup. Lorsqu’on est payé à 3 000 dinars le mois, qu’on ne peut se permettre le nécessaire, que dire alors du luxe ?
M. O. B
