En Kabylie comme ailleurs, l’hiver semble définitivement installé. L’arrivée de la saison des froids est pour nous Kabyles, car c’est aussi, et surtout, un changement profond des comportements.
De part sa topographie montagneuse, la Kabylie a hérité d’un micro climat particulièrement saumâtre. Le froid et la neige s’y installent dès les premières vagues de froid, ce qui implique une vraie mobilisation de la part des populations locales contraintes, dans la plupart des cas, a s’y préparer avec ses médiocres moyens de bord. De sempiternel problème de raccordement de gaz (la wilaya de Tizi Ouzou étant l’une des régions les moins raccordées du pays) et des phénomènes d’enneigement qui isolent, chaque hiver, des villages et des hameaux entiers, l’hiver de la Kabylie ne ressemble à aucune autre des régions du nord du pays. Quand on sait que des points sensibles sont carrément coupés à la circulation pendant cinq mois par an, ce qui est notamment le cas des deux cols de “Tirourda” et “Chellata” lesquels constituent un lien névralgique avec les deux wilayas de Bgayet, pour le premier et de Bouira pour le second, l’on comprend mieux la rudesse de l’hiver de la Haute Kabylie. Il y a quatre ans, la région a vécu un fait inédit lorsque les troupes de l’armée ont dû intervenir pour mener une impressionnante opération de déneigement et de secours aux populations locales bloquées dans les hauteurs par d’incroyables chutes de neige. C’est dire que cette fameuse vague de froid était tellement lourde sur les épaules des autorités civiles que celles-ci ont même failli perdre le contrôle de la situation. L’on se souvient, c’était les unités de l’ANP qui sont chargées, en coordination avec quelques riches industriels de la région, de nourrir des villageois affamés et flegmatiques. En clair, c’était un véritable plan ORSEC qui a dû être déclenché pour porter secours aux sinistrés, chose qui illustre, on ne peut mieux, les propositions que peut prendre un hiver rigoureux en Kabylie.
De fait, pour toutes ces raisons, et pour d’autres encore spécifiques à chaque composante de villages, la saison des grands froids en Kabylie doit être entamée avec les plus sérieuses des dispositions voire des précautions. L’hiver de Haute Kabylie, on le sait, est plus qu’implacable, mais il peut être également meurtrier. La vigilance demeure la seule et unique option pour se prémunir des aléas souvent regrétables d’une ou plusieurs vagues de froid. La chose est applicable sur les autorités locales comme sur les populations des hautes montagnes.
Ahmed B.
