Les agents paramédicaux font cruellement défaut dans les structures de santé publique relevant de l’établissement public de santé de proximité (EPSP) de Seddouk. «Nous sommes, certes confrontés à un déficit chronique en matière de paramédicaux, mais cette situation n’est, ni propre à Seddouk ni à la wilaya de Bgayet, c’est un problème d’ordre national», soutient un responsable local de la santé précisant que ce sont les établissements de santé implantés dans la zone rurale qui sont les plus touchés par cette carence. Une carence fortement préjudiciable autant pour le patient, qui voit la qualité de la prestation revue à la baisse, que pour le fonctionnaire, astreint à un surcroît d’efforts. «Nous faisons face à l’absence sur le marché du produit de formation issu des instituts spécialisés et à la rigueur dans l’ouverture des postes budgétaires. Austérité oblige, ces derniers sont alloués au compte-gouttes», nous explique notre interlocuteur. Des professionnels du secteur de la santé estiment que la crise est largement accentuée par le fait que les paramédicaux en exercice, du moins une bonne proportion, est absorbée par le secteur privé qui offre de meilleures conditions de travail et une rémunération nettement plus attractive. «D’autres, et ils sont nombreux, sont allés tenter leur chance à l’étranger», tient-on à signaler. Afin de compenser ce manque, pour lequel aucune solution durable ne semble se profiler à l’horizon, les responsables ont dû recourir à l’augmentation de la cadence de travail du personnel paramédical, en revoyant à la hausse le nombre de gardes, rognant ainsi sur leur temps de récupération. «Il y a des agents paramédicaux qui font jusqu’à dix gardes par mois», avoue un responsable au fait de ce dossier. Les quelques rares paramédicaux interrogés trouvent cette situation «intenable et lourde de conséquences sur la santé». «Assurer une garde de 16h jusqu’à 8h du lendemain et enchaîner par une journée de travail, c’est franchement infernal. Cela dure depuis plusieurs mois et je puis vous assure qu’à ce rythme, personne ne peut tenir longtemps la route», avertit l’un d’entre eux. Et à un autre infirmier d’ajouter : «Nous avons demandé à maintes reprises des compensations financières à la mesure des sacrifices consentis, dans l’attente de trouver une solution définitive à ce problème, mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons encore rien vu venir».
N. Maouche
