« Se réconcilier avec qui ? »

La conférence-débat organisée par le FFS au niveau de la salle Errich s’est vite transformée en une campagne électorale contre le projet de charte et de réconciliation nationale. Les membres du bureau fédéral de Bouira ainsi que des élus d’obéidience FFS ont argumenté que le projet du Président demeurait trop flou dans le fond et dans la forme. Pour étayer leurs dires, Mme Nacéra Dutour et Mme Fatima Yous, respectivement porte-parole et présidence de l’organisation SOS disparus, étaient les invitées de cette conférence. Pour les responsables de cette organisation, la charte n’a pas encore révélé tous ses non-dits : « On attend toujours que Mezrag demande pardon aux victimes du terrorisme », martèlera Mme Dutour. Visiblement indignée du laisser-aller du travail effectué par Farouk Ksentini, l’oratrice ira plus loin en contestant le chiffre de 6 000 disparus : « Actuellement plus de 8 000 dossiers ont été répertoriés à notre niveau et selon toutes vraisemblance ce chiffre serait appelé à être multiplié par deux, si l’on tient compte de tous les dossiers qui sont déposés chaque jour à notre niveau par les familles de disparus.  » Pour Mme Fatima Yous, la réconciliation est nécessaire mais elle avancera cette phrase : « Se réconcilier ? Oui, mais avec qui ? » D’autres membres de SOS disparus interviendront dans le même sens pour dénoncer le projet de charte conçu par le premier magistrat du pays. Dans le même esprit, les militants du FFS ont également balayé d’un rever toute idée de réconciliation. Cependant, actualité oblige, les membres du plus vieux parti d’opposition se sont déclarés prêts à appliquer à la lettre les consignes du parti quant à une éventuelle participation aux prochaines partielles en Kabylie qui doivent se tenir le 24 novembre prochain. Apparemment, le FFS qui conteste, et la révocation de ses élus, et le projet de charte, aura du pain sur la planche pour convaincre les populations de le suivre dans sa logique.

Hafidh B.