Avec pas moins de 700 martyrs qu’elle compte, la commune de Toudja fut l’une des régions de la Kabylie qui a subi, durement, les massacres de l’armée coloniale française.
La journée du 23 mars 1956 restera, particulièrement, à jamais gravée dans la mémoire collective des Toudjis, notamment, ceux du village de Bouberka où fut perpétré un carnage, ce jour-là par un certain lieutenant Sunsik. Bilan, 23 martyrs ont été tués durant cette sombre journée par la plus abominable manière. Fatima Debouz qui était enceinte, a été brûlée vive parce qu’elle avait refusé de donner des renseignements sur son mari qui avait rejoint le Maquis. C’est aussi, en ce jour-là que Brahmi Madjid, qui était étudiant au collège de Bougie (l’actuel Ibn Sina) a été brûlé vif à l’intérieur de sa maison, lui, ses deux parents et sa sœur, nous a raconté M. Aït Sahelia, un camarade de classe de B. Madjid à l’école primaire Maurice Donain (l’actuelle école Emir Abdelkader de Toudja). C’est suite au massacre de ce lycéen, ajoute notre interlocuteur, que l’UGEMA (union générale des étudiants musulmans algériens), au mois de mai de la même année, a fait appel pour une grève des étudiants algériens et le renforcement des rangs de l’ALN. Soucieux de préserver la mémoire de ces martyrs, Aït Sahelia, ex-élu à l’APC de Toudja, a dans une lettre, dont nous détenons une copie, interpellé les autorités municipales de Toudja en vue de commémorer la mémoire des martyrs de Bouberka le 23 mars de chaque année par le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la stèle érigée dans ce village en leur mémoire, ainsi que de baptiser au nom de Brahmi Madjid l’école primaire de Toudja où ce martyr était écolier.
Boualem Slimani
