Yattafen / Les lycéens débrayent

Durant une semaine, les élèves du lycée Akbil, se sont mis en grève pour différentes raisons. La cause ayant conduit à cet arrêt de cours est vue différemment par l’administration et les lycéens. A travers une déclaration (dont nous détenons une copie) affichée partout dans les communes concernées, les lycéens dénoncent «l’absence d’un minimum de conditions nécessaires digne d’un lycée, notamment l’incurie des responsables et le laisser-aller de la pseudo association fantoche et inopérante des parents d’élèves». Se voulant responsables et conscients, les élèves du lycée Tassaft Akbil affirment : «Franchement nous sommes toujours épris des études, malheureusement nous sommes contraints de réagir par une grève générale revendiquant des solutions urgentes et correctes à ce que nous soulevons». Les revendications de ces lycéens sont énumérées dans la déclaration en huit points : La réfection des douches insalubres et non fonctionnelles ; la création d’un foyer, l’aménagement d’une salle pour les révisions ce qui est de l’ordre de l’impossible dans l’amphi réservé à accueillir les élèves lors des permanences ; l’encouragement des activités culturelles sportives et scientifiques. Dans le 5e point, les lycéens dénoncent l’association des parents d’élèves et demandent «la création d’une association des parents d’élèves digne et représentative ayant pour seul but de défendre sérieusement les intérêts des lycéens». De même qu’ils (les lycéens) exigent de cesser toute intimidation et sanctions illégales contre les représentants des lycéens. Pour cette revendication des élèves, nous avons appris que l’administration du lycée et l’équipe pédagogique auraient décidé de traduire en conseil de discipline sept 7 lycéens considérés comme les meneurs de cette grève. Dans leur déclaration, les lycéens haussent le ton en interpellant les responsables «irresponsables», à leurs yeux, «au niveau du lycée qui doivent se rendre à l’évidence que les lycéens sont largement conscients de la nécessité de défendre leurs droits au sens plein du terme». Enfin, le dernier point noir concerne le lieu où est situé le lycée, dans un endroit isolé et loin de toute sécurité un lycée, sur le territoire de Aïn El Hammam, mais qui reçoit les élèves de Akbil ( Daïra Aïn El Hammam) et Yattafen et Iboudraren (Daïra de Ben Yenni). Comme nous l’avions déjà écrit à maintes reprises dans nos pages, les élèves malades la nuit sont tout le temps transportés par le concierge, un résident du lycée qui possède un véhicule. Pour cela, les grévistes demandent «l’ouverture d’une infirmerie, et la mise à la disposition du lycée d’une ambulance pour parer à l’irréparable». Pour un parent d’élève, «il est vrai qu’un grand manque est constaté au lycée, il est vrai aussi que nos enfants ont certaines raisons de revendiquer l’amélioration des conditions de leur scolarité mais il faut signaler que les projets ne se réalisent pas en un clin d’œil, de même que la dotation d’une ambulance et d’une infirmière est plus que nécessaire, l’académie et le ministère de l’éducation ainsi que les députés et les élus locaux, doivent se rendre compte que l’ambulance et les soins sont primordiaux dans cet établissement, livré à lui-même. »

F. A. O