Des promesses ont été faites par des responsables qui se sont déplacés sur les lieux, mais à ce jour-là aucune suite. Aujourd’hui, on revient à la charge en paralysant toute activité au sein de l’entreprise, “jusqu’à satisfaction des revendications”.
L’entreprise turque OZGÜN, chargée de la réalisation des trois tunnels, dans la commune de Melbou (Bgayet), est paralysée depuis mardi 3 novembre, par une grève illimitée enclenchée par ses travailleurs.
Plusieurs actions ont été menées par l’ensemble des travailleurs, dirigé par le syndicat. »Jaillis » de leur droit à certains critères, ceux-ci font appel à la presse pour dénoncer cette »négligence totale des responsables ».
Hier (samedi), à 8h du matin, les protestataires ont organisé un grand rassemblement devant le parc de l’entreprise, auquel l’accès a été bloqué ainsi que la route menant vers la base vie. Sur les lieux, nous avons eu à parler avec plus de 90 travailleurs, tous en effervescence. Le responsable du syndicat qui passait la feuille d’émargement aux autres travailleurs, nous dit que ces actions de protestations »pacifiques » demeurent leur ultime moyen pour faire entendre leur cri d’alarme, en l’absence d’une suite à leurs revendications. Il importe de rappeler que les protestataires ont organisé un rassemblement devant la base vie turque, et ils ont procédé également mardi dernier, à la fermeture du tunnel, bloquant l’accès au chantier.
Des promesses ont été faites par des responsables qui se sont déplacés sur les lieux, mais à ce jour-là aucune suite. Aujourd’hui, on revient à la charge en paralysant toute activité au sein de l’entreprise, »jusqu’à satisfaction des revendications ».
Interrogé sur leurs revendications, le syndicat nous fait savoir qu’une requête, suivie de signatures des travailleurs a été envoyée aux responsables et aux autorités concernées. On demande, en premier lieu la réintégration des travailleurs, des jours de repos la diminution des heures de travail. D’autres points de revendications sont inscrits sur une liste “longue”.
Les œuvres sociales, l’augmentation des salaires, les mesures de sécurité l’amélioration de leur repas, l’hygiène et enfin le refus des insultes. Ce dernier point a beaucoup plus caractérisé la revendication des travailleurs qui dénoncent le manque de respect de certains ouvriers à leur égard. »On nous traite de sales arabes, de…, Cela ne doit plus se répéter », déclare un protestataire. Pis, ce dernier nous a fait savoir qu’aucun des responsables ne s’est présenté pour voir ce qu’on demande. « Si ce n’est l’interprète qui s’est déplacé pour récolter quelques informations », dit-il en l’occurrence.
Pour mieux être informé sur les conséquences et ce que prévoit l’entreprise, nous nous sommes déplacés à la base vie, située à 500 m de l’endroit du rassemblement. Une route boueuse que nous avons empruntée, sachant que le responsable turc est absent. Nous avons espéré trouver au moins le chef de chantier pour quelques questions, en vain. »Ce n’est que le directeur qui puisse vous recevoir, désolé il est absent », nous dit-on. Le maire qui s’est déplacé à la base turque, ne peut malheureusement pas nous dire grand-chose et préfère en parler après avoir réuni un groupe de protestataires avec le directeur turc, dès sont retour. »Il sera de retour cet après-midi et nous en parlerons ensemble », déclare le P/APC devant la foule des travailleurs. A noter qu’au moment où nous rédigeons ce papier, les protestataires étaient encore en leur lieu de rassemblement attendant l’arrivée du directeur de l’entreprise.
M. Outemzabt
