Et l’élan de solidarité prend de l’épaisseur au fil des jours avec la multiplication des appels à des rassemblements de soutien en faveur des mis en cause dans cette affaire le jour “J», devant le siège du tribunal d’Akbou. Des appels à des sit-in émanant de toutes parts, notamment des étudiants de l’université de Bgayet partisans du MAK de Ferhat Mehenni, du bureau de Bgayet de la LADDH et le dernier en date émanait du Collectif Forum Kabylie.
C’est aujourd’hui, lundi que s’ouvrira le procès des huit non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane au tribunal correctionnel d’Akbou. Ils sont poursuivis pour atteinte à l’un des préceptes de l’Islam, à savoir “non observance du jeûne’’, en vertu de l’article 144 bis 2 du code pénal.
L’affaire des non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane, à l’instar de celles de Ain El-Hammam, Tébessa et Oum El-Bouagui, a non seulement fait couler beaucoup d’encre, mais a suscité et suscite encore l’indignation de larges pans de la société civile à Bgayet et ailleurs. C’est ainsi que plusieurs actions de soutien en faveur de ces derniers ont été initiées au lendemain de leur interpellation par les services de sécurité.
Et l’élan de solidarité prend de l’épaisseur au fil des jours avec la multiplication des appels à des rassemblements de soutien en faveur des mis en cause dans cette affaire le jour “J” devant le siège du tribunal d’Akbou. Des appels à des sit-in émanant de toutes parts, notamment des étudiants de l’université de Bgayet partisans du MAK de Ferhat Mehenni, du bureau de Bgayet de la LADDH et le dernier en date émanait du Collectif Forum Kabylie.
Il est attendu donc qu’un imposant rassemblement de soutien aux non-jeûneurs de la municipalité d’Ighzer Amokrane soit organisé aujourd’hui devant le tribunal d’Akbou. Le principal accusé dans cette affaire se déclare avoir “confiance en la justice algérienne”. Il précise dans un entretien accordé à notre journal, dans sa livraison d’hier que “mon acte relève d’une affaire personnelle entre moi et mon créateur», tout en estimant que l’acte d’accusation est somme toute “absurde”.
Apparemment, dans l’affaire des non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane et celles des autres régions du pays, l’institution judiciaire ne semble pas tenir en compte ni les articles de la Constitution ni les conventions internationales ratifiées par l’Algérie.
L’article 36 de la Constitution algérienne est à ce sujet pas trop explicite en stipulant clairement que “la liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables”. De son côté le Collectif Forum Kabylie estime que “les procès en cascade intentés à l’encontre des non-jeûneurs ou encore la récente propagande distillée autour d’une soi-disant campagne d’évangélisation de la Kabylie sont autant d’indices de la gravité des atteintes aux droits de l’Homme et du non-respect des libertés individuelles dans le pays (…)”. Cités auparavant à comparaître devant le juge le 6 septembre dernier, les huit prévenus avaient bénéficié du soutien de centaines de personnes qui avaient pris part à un rassemblement devant le siège du tribunal d’Akbou.
Ils seront encore plus nombreux aujourd’hui non seulement pour soutenir les non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane mais aussi pour dire basta à cette campagne d’acharnement visant les valeurs de tolérance.
Dalil S.
