Draa El Mizan / Marché des fruits et légumes flambe

Comme à chaque veille de l’Aïd, les marchands de fruits et légumes s’étendent sur une chose : augmenter les prix. En effet, la veille de cette fête marquée par d’autres pénuries : celle du lait, celle de liquidités dans les agences postales, le prix du mouton variant entre 22 000 DA, s’ajoutent les flambées des fruits et légumes. Hier matin, dans une virée au marché des fruits et légumes du centre-ville, il nous a été de relevé quelques prix exorbitants, Carotte à 50 DA, tomate à 120 DA, poivron à 200, voir 220 DA, artichauts à 60 DA le kg, et la liste est longue. Les petits pois et les haricots verts détiennent la vedette entre 180 et 200 DA. Alors que du côté des boucheries, c’est une autre paire de manches. Ceux qui n’ont pas de moyens financiers se bousculent pour acheter quelques kilos de viande au prix fort. «Je ne peux pas me permettre un mouton. Vous savez qu’un père de famille est laminé. Je n’ai pas pu sortir la tête de l’eau. Depuis juillet dernier, je ne vis qu’avec des dettes : fêtes familiales, ramadhan, Aïd El Fitr, rentrée scolaire ; Je n’en peux plus », se lamente ce père de sept enfants tous en bas âge. Ouvrier saisonnier dans un chantier qui attendait son tour tout juste pour se procurer deux kilos de viande congelée. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que cette fête est aussi celle des enfants. Nombreux sont les parents qui ont pris d’assaut les points de vente de la friperie, car les vêtements neufs sont inaccessibles. Même des cadres moyens n’hésitent pas à acheter ces habits. «Il faut quand même faire plaisir aux mômes. Il n’est pas vraiment évident de voir ses enfants porter des vêtements usés, mais on ne peut rien», nous dit cet employé dans une mairie. En tout cas, la fête de l’Aïd cette année dépasse tout entendement. Tout manque et tout est cher.

Amar Ouramdane