Youcef Merahi, SG du HCA : “Il faut casser ce tabou du prénom Amazigh avec intelligence”

Partager

La Dépêche de Kabylie : Le prénom, notamment Amazigh a toujours trouvé du mal à être adapté par l’Administration publique, à quoi est dû ce comportement d’hostilité vis-à-vis du fait amazigh selon vous ?

Youcef Merahi : En effet, le prénom Amazigh a du mal à s’imposer pour des raisons dues, à mon sens, à la méconnaissance de la réglementation en vigueur. Une liste nationale des prénoms a été établie en 1983, depuis, elle n’a jamais été actualisée, compte tenu de l’avancée identitaire dans notre pays. Il faut casser ce tabou du prénom Amazigh avec intelligence et ce, au plan national.  » Les décrets de mars  » sont là il faut les appliquer avec sagesse et recenser, s’il le faut, les prénoms de souche amazighe, afin d’éviter une perception populaire négative. C’est à l’Administration publique de s’adapter naturellement.

“Le nom propre maghrébin de l’homme, de l’habitat, du relief et de l’eau», est le thème d’un colloque international qu’organise le HCA avec la collaboration du CRASC d’Oran, pourquoi ce thème, et quelle est la place des dénominations dans une identité quelconque ?

Ce thème est d’actualité. La dénomination tire sa légitimité de l’identité et cherche à pérenniser cette même identité. Nous voulons par ce colloque interroger l’Histoire et déterminer ainsi la succession des dénominations dues aux différentes invasions. Et déterminer aussi l’état actuel des choses.

En quoi une Administration peut-elle tirer  » profit « , en rebaptisant des lieux, en refusant des dénominations, des prénoms… ?

Il y a encore des résistances ici et là mais je pense que nous pouvons dépasser ces écueils et revenir à la réalité historique des  » noms et des lieux « .

Plusieurs chercheurs, représentants d’universités étrangères, sont conviés aux travaux du colloque, sont tous présents aujourd’hui, ou y a-t-il des défections ?

Il y a eu, en effet, certaines défections des universitaires étrangers. Cela ne dérange pas, outre mesure, notre colloque.

Propos recueillis par M. Mouloudj

Partager