C’est en collaboration avec le Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle, que le Haut commissariat à l’amazighité organise, pour une durée de quatre jours, un colloque international sous le thème : “Le nom propre maghrébin de l’homme, de l’habitat, du relief et de l’eau», au siège du CRASC à Oran. Lors de l’ouverture des travaux, Mme Remaoun, directrice du CRASC, a estimé que le thème du colloque est “une opportunité pour tous les chercheurs algériens et étrangers”.
De notre envoyé spécial à Oran : Mohamed Mouloudj
A souligner que le wali d’Oran a délégué le DAL pour le représenter lors de l’ouverture, où MM. Youcef Merahi, SG du HCA et Boudjemaâ Aziri, sous-directeur d’études, dans la même institution, ont résumé et le thème et les objectifs de cette rencontre.
Plusieurs chercheurs venus de différentes universités, même européennes, ont été conviés à l’événement, qui se veut, selon les initiateurs, “une suite du colloque tenu à Zéralda, sous le même thème”. Il a ajouté au passage, que la mémoire collective a le plein droit de dénommer l’espace qui l’entoure.
Les débats avaient trait, au rapport onomastique de l’homme maghrébin, à son environnement physique, à la dénomination en termes de noms propres de ses lieux. L’importance des dénominations est-elle qu’elle permet l’expression d’une identité quelconque et dans ce cas précis, l’identité amazighe.
Les facteurs historiques, politiques et culturels, estiment les intervenants, ont remodelé le paysage onomastique maghrébin. “De manière cyclique, des repositionnements géopolitiques, des changements culturels, des résurgences identitaires, en somme, de nouvelles représentations du monde vont marquer l’imaginaire onomastique local, c’est-à-dire sa façon de nommer et de dénommer les êtres et les choses, les invariants et les contingences, les ruptures et les continuités, les fantaisies et les présages”.
Pour la journée d’hier, c’était à Mme Ouerdia Yermèche Sadat, de l’ENS de Bouzaréah, de présenter une communication sur “L’anthroponymie algérienne entre rupture et continuité ”. M. Farid Benramdane de l’université de Mostaganem a, quant à lui, traité “De l’homme, de l’habitat, du relief et de l’eau”.
Mohand Akli Haddadou, de l’université de Tizi Ouzou a, pour sa part, présenté une communication sur l’onomastique berbère ancienne et la connaissance du libyque. Mohand Tilmatine de l’université de Cadix, Espagne, traitera du “Nom propre maghrébin et son rapport avec l’actualisation. Entre sens et dénotation”.
Plusieurs autres communications seront présentées durant les journées du colloque.
A souligner que les militants associatifs, notamment de l’Association Numidya d’Oran ont été conviés aux travaux du colloque, à leur tête, M. Abdellah Hemane, qui n’a pas hésité à intervenir pour apporter des éclaircissements ou des points de vue concernant la problématique
Situation de tamazight : le constat du HCA
Lors du point de presse qu’il a animé hier, en marge du colloque international sur l’onomastique, Youcef Merahi a dressé un tableau, peu reluisant, de la situation de l’enseignement de tamazight en Algérie. M. Merahi a estimé que cet enseignement bute sur plusieurs problèmes, à savoir, “le caractère non obligatoire de cet enseignement, le manque de volonté politique au niveau local, et aussi la formation des enseignants ou des formateurs en tamazight”. Par ailleurs, M. Merahi a révélé que dans plusieurs wilayas “des établissements ont cessé d’enseigner tamazight”.
A titre d’exemple, il a cité les wilayas de Biskra et Ghardaïa. Sur le même plan, le SG du HCA a tiré la sonnette d’alarme quant au risque de voir la wilaya d’Alger cesser d’enseigner tamazight. “Même à Alger, tamazight risque de ne pas être enseigné à partir de cette année”. Un constat qui fait que cet enseignement n’est dispensé de manière régulière qu’en Kabylie. Pour y remédier à cette situation, le HCA, par la voix de son SG, prône l’obligation de l’enseignement de tamazight, a souligné le conférencier, “dans les wilayas où il est enseigné”.
Questionné sur le rapport entre l’institution qu’il gère et le ministère de l’Education nationale, M. Merahi a estimé que les ponts ont été coupés entre les deux institutions depuis 5 ans. “J’ai repris langue avec le SG du ministère de la l’Education, car une commission mixte lie les deux institutions dans le cadre de l’enseignement de tamazight”.
Sur un autre plan, M. Merahi estime que l’Ecole algérienne provoque des répulsions chez les élèves. Plus explicite, il a ajouté que l’enseignement au sein de notre école n’est pas attractif, mais il est un enseignement mécanique dont l’apprenant est souvent passif.
Evoquant l’affaire du refus d’inscription des prénoms amazighs à l’état civil, notamment à Tizi Ouzou, M. Merahi a estimé que récemment son institution a été dans l’obligation d’intervenir pour inscrire un nouveau-né sous le prénom d’Amnay, qui veut dire cavalier en français. Le conférencier s’est posé la question du pourquoi l’Administration accepte un autre prénom qui a le même sens, Farès, mais pas ce prénom amazigh ?
M. M.
