Ça respire la fragrance du terroir à Tibane où la campagne oléicole a démarré avec plusieurs semaines d’avance sur les autres régions de la vallée de la Soummam. Les effluves de margine qu’exhalent les quelques huileries de cette circonscription rurale annoncent la couleur : on est en plein dans la saison de la récolte des olives. Contrairement à l’olivaison précédente, qui est à ranger aux oubliettes, l’exubérante fructification caractérisant cette présente campagne promet une copieuse récolte et, partant, une baisse sensible du cours de ce précieux oléagineux. Les moulins tournent à fond de train pour faire face à l’afflux d’olives qui encombrent les cours des huileries. «Nous avons dû faire appel à de la main d’œuvre supplémentaire pour augmenter nos capacités de trituration et réduire ainsi le temps d’attente qui peut durer jusqu’à une semaine, parfois plus», nous explique le responsable d’une huilerie, submergée par des monticules d’olives et des piles de sacs laissant sourdre de la margine coulant en filets dans la cour de l’établissement. «Nous essayons de prodiguer des conseils à nos clients sur la nécessité de préserver l’intégrité des baies et de conserver les olives dans de bonnes conditions d’aération, pour obtenir une huile de moindre acidité mais, force est de constater que le conditionnement dans des sacs en jute est toujours très répandu», fait remarquer notre interlocuteur. Selon des témoignages recoupés, les rendements pour le cru de cette année tournent autours de 15 litres le quintal, avec une fourchette de fluctuation de 2 à 3 litres. «Dans certaines localités où on a investi les oliveraies dès le mois d’octobre, le rendement au quintal ne dépasse guère 10 litres», témoigne un paysan de la région, laissant entendre qu’une campagne trop précoce est synonyme de faible productivité. «L’immaturité des olives, autant que leur sur maturation, présentent des inconvénients. La première induit une baisse du rendement, tandis que la seconde conduit à l’acidité de l’huile et à sa mauvaise qualité gustative», souligne-t-il. Notre paysan suggère qu’à Tibane, comme ailleurs, la maîtrise du calendrier agraire et des compétences en rapport avec le cycle végétatif de l’olivier s’est fait la malle. De nos jours la campagne oléicole s’apparente souvent à une embarrassante corvée dont on s’empresse de s’acquitter avant que l’hiver ne déchaîne ses rigueurs.
N. Maouche
