Distant d’environ 13 kilomètres du chef-lieu communal, le village Amssioun, l’un des plus anciens villages de Timezrit, demeure encore de nos jours, le plus marginalisé. En effet, les habitants de ce village reculé situé à plus de 1000 mètres d’altitude, dominant l’ensemble de la commune et la vallée de la Soummam, n’ont pas goûté aux bienfaits de la modernité. Depuis l’indépendance, le village reste à ce jour, enclavé la seule route carrossable demeure celle le reliant à Sidi Aïch, puisque celle le reliant au chef-lieu via le village El Kelaâ, réalisée en 1980 constitue un véritable danger pour les usagers. En certains endroits, cette route surplombe un talus de plus de 50 mètres de hauteur. En hiver, à cause du verglas, plusieurs personnes y ont perdu la vie. En outre, aucun projet digne de ce nom n’a été réalisé. Seulement une école primaire, une salle de soins, une antenne administrative existent. Maintes démarches auprès des autorités locales et wilayales pour l’amélioration du cadre de vie qui sont demeurées vaines ; le comité du village dans une dernière requête de trois pages dont une copie est en notre possession interpelle encore une fois les autorités, notamment le nouveau wali, ainsi que le nouveau chef de daïra.
Dans ladite plateforme de revendications, les membres de l’association sociale du village Amssioun demandent : le raccordement du village au réseau du gaz de ville, vu le froid qui sévit en hiver, l’isolement durant les chutes de neige, et la rareté du gaz butane durant ces périodes, poussant les habitants à recourir à la seule ressource “moyenâgeuse” qu’est le réchauffement en bois, causant un désastre écologique à la nature paradisiaque des lieux. L’ouverture d’une autre route communale reliant Amssioun à Tounef, ou Ighil Guemour, l’aménagement de la salle de soins existante en centre de santé et le doter en médecins et autres paramédicaux ainsi que d’une ambulance, puisque l’éloignement de l’hôpital de Sidi Aïch, presque de 25 km et l’absence de moyens de transport ont causé plusieurs décès en cours de route.- La création d’une antenne postale, afin de mettre un terme aux différents retards d’acheminement du courrier,et les déplacements onéreux des personnes âgées avec les risques d’agression en cours de route.La réalisation de caniveaux de drainage des eaux pluviales, afin d’éviter la détérioration de la chaussée, sachant que l’ennemi numéro 1 du bitume est bien l’eau. La réalisation de gabionnages, la chaussée se rétrécie de plus en plus par de fréquents glissements de terrains. La réalisation et généralisation du réseau d’assainissement, puisque plusieurs demeures ne sont pas raccordées au réseau existant de par son éloignement, et au recours aux fosses septiques, causant des dégâts aux diverses sources de captage et aux puits. La réalisation de lieux d’activités culturelles pour les jeunes, qui faute d’infrastructures culturelles se déplacent vers les grandes villes pour fuir l’oisiveté dans laquelle ils se morfondent à longueur d’année. La réalisation d’un CEM, les élèves sont acheminés par les fourgons de ramassage scolaire jusqu’au chef-lieu communal ou à Sidi Aïch pour étudier, un calvaire pour eux surtout en hivers. La réalisation d’une annexe du centre de formation, notamment pour les jeunes filles et les femmes au foyer. La revalorisation de l’agriculture rurale, en procédant à l’ouverture des pistes agricoles et aides en moyens matériels des agriculteurs locaux, une piste reliant Amssioun à l’Khmis sera d’un grand apport pour les fellahs, d’ailleurs un projet de revalorisation a bien été lancé mais demeure inachevé d’où la nécessité d’une enquête. Afin de mettre fin à l’exode rural vers les villes, commodités oblige, vidant ce village ancestrale, il est souhaitable de prévoir un quota important en logements sociaux et d’aides à la construction dans le cadre du Fonal.
En dernier lieu, les membres de l’association demande une aide de l’Etat pour la restauration du mausolée de “Yamma Timezrit», lieu saint et vénéré depuis des siècles qui attire des milliers de pèlerins, afin de le reconvertir en un lieu touristique, générateur de postes d’emploi, et le déclarer patrimoine national et ils demandent la protection de la faune et la flore des lieux, puisque la forêt, le gibier, et autres animaux sauvages encore existants risquent de disparaître puisque convoités par des braconniers qui viennent des contrées limitrophes pour y chasser, même en période de reproduction.
B. R.
