M’Chedallah / Les oléicultures dans l’œil du cyclone

Les membres de la fédération algérienne de l’olive représentant la filière oléiculture de 5 wilayas, à savoir : Tizi-Ouzou, Bouira, B’gayet, Jijel et Skikda se sont rencontrés ce Samedi, à M’chedallah pour débattre de l’épineux problème des dettes contractées par les propriétaires des huileries avec la BADR et la CRMA pour acquittions du matériel de transformation d’olive. Dans un large tour d’horizon fait par les participants, nous avions relevé que l’ensemble des propriétaires des huileries modernes à travers le territoire national ont acquis ces fabriques grâce à des crédit accordés par ces deux banques, dont le prêt est soumis à un intérêt minimum et les modalités de remboursements étalées sur une période de plusieurs années. Malheureusement, les déboires des oléiculteurs commerceront immédiatement après cette opération de soutien à l’importation du matériel dans les années 2000. En effet, en 2004 les phénoménales chutes de neige à quelques semaines seulement avant le lancement de la compagne de la cueillette d’olives, qui constituent l’unique matière première des huileries, a été une véritable catastrophe avec la perte totale de la récolte. S’ensuivent les conséquences non moins catastrophiques sur les oliveraies, de ces historiques chutes de neige qui s’étalèrent sur 3 années consécutives, soit, de 2004 à 2007, des retombées qui se sont caractérisées par une diminution qui frôle 80% de la récolte durant toutes cette période durant laquelle ces huileries tournaient au ralentis, ne rentrant même pas dans leurs frais engagés dans chaque saison. Devant cet état de fait, les propriétaires n’ont d’autres choix que de négocier le rééchelonnement des dettes avec les banques. Le 28 février 2009, au cour de la conférence nationale sur le renouveau agricol et rural à Biskra, le président de la république annonça avec fracas l’effacement des dettes des agriculteurs, courageuse décision qui provoqua une liesse sans précédant chez les agriculteurs, suivi par le monde entier à travers l’écran de l’ENTV qui a diffusé en gros plan une immense foule d’agriculteurs fous de joie, une décision faut- il le rappeler, à l’origine d’une hausse vertigineuse de la cote de popularité du président Bouteflika dans le pays, doublée d’une admiration non feinte de l’opinion internationale, consciente de l’importance et de l’enjeu d’une telle décision dans un pays à vocation agricole. Hélas, c’est compter sans les rabat-joie, tapis dans les rouages même de l’état et qui guettent la moindre occasion pour briser les ardeurs d’un président qui a jeté toutes ses forces dans la rude bataille de la relance économique tous azimuts. Depuis quelques mois, les propriétaires des huileries découvrent, ahuris et désagréablement surpris, que leur filière a été exclue de cette opération d’effacement de dettes et que les propriétaires des huileries commenceront à être destinataires de mises en demeures et autres assignations en justice, pour les remboursements des dettes et arriérés, mais aussi, append-on auprès des propriétaires en réunion, des intérêts et pénalités de retard et cela, précisent-ils, après que les remboursements ne soient gelés part les banques depuis la déclaration du président, ce qui représente un impressionnant et insurmontable cumul de dettes. Dans une lettre adressée au président de la république dont nous détenons une copie, ces malheureux lancent un véritable cri de détresse et demandent l’intervention du 1er magistrat, en lui rappelant ses engagements d’effacer leurs dettes. Les conclavistes n’écartent pas l’éventualité d’aller carrément au boycott de l’actuelle saison d’oléiculture, dans le cas où leur doléance n’est pas prise immédiatement en charge, ce qui ne serait pas sans retombées négatives dans ce créneau, en Kabylie, où plus de 70% des huileries qui prennent en charge environ 80% de la trituration de la production globale d’olives, selon une estimation approximative, seraient concernées par cet étouffement financier. Un arrêt total de ces huileries signifierait une perte du même taux de la récolte, un fait plus que pénalisant et préoccupant, même pour les propriétaires des oliveraies qui constituent l’unique richesse, et dont dépend le niveau de vie de la majorité de la communauté Kabyle.

Oulaid Soualah