Depuis la mi-novembre et immédiatement après le passage d’une vague de froid qui a sévi durant une semaine, les champignons ont commencé à percer la surface du sol et montrent leur alléchante et superbe forme, qui provoque un rush des citoyens sur les proches surfaces boisées. Paniers ou corbeilles a la main, les campagnards s’attellent au ramassage de ce succulent légume gracieusement offert par dame nature, sa saveur étant valorisée par un dicton kabyle anetch averchetchou ferriha n’chichou, soit le champignon est la viande du pauvre grâce à son odeur et son arrière-goût proche de celui de la viande. Bien que l’on évoque et l’on met en garde un peu partout à travers les continents, européen notamment, contre les champignons venimeux facteurs d’intoxication, en Kabylie et selon un sondage bien que sommaire et loin d’être une certitude, aucun cas de ce genre n’a été enregistré du moins pas à notre connaissance. Bien que quelques espèces de couleur jaunâtre et dont le volume est nettement supérieur à celui cueilli et consommé provoquent des gaz intestinaux après consommation. C’est une espèce qu’on évite. Nos ancêtres se basent sur une expérience d’ailleurs toujours en vogue, pour reconnaître les champignons comestibles: ils cueillent l’espèce qui attire les grives étourneaux et perdrix qui en raffolent et dont ils se gavent, ne laissant que les tiges qui jonchent le sol et forment un tapis. Une précaution à prendre cependant, les champignons exposés trop longtemps au soleil pourrissent rapidement. La meilleure façon de réduire les risques que comporte la consommation de champignons c’est d’interdire la cueillette aux enfants dont le seul objectif est de ramasser le maximum, et remplir le panier pour faire plaisir à leurs parents et ce, sans la moindre précaution. Toujours est-il que les services de prévention, de l’hygiène et ceux de l’agriculture doivent se pencher sur le cas de ce légume sauvage, fort prisé et consommé à grande échelle en Kabylie. Et pourquoi pas lancer des campagnes de sensibilisation pour le faire connaître d’avantage. Même sa cuisson diffère d’une région à une autre. Il y a ceux qui le font d’abord bouillir dans de l’eau avant de le préparer en friture, en y rajoutant une poignée d’asperges «iskimen», d’autres par contre, se contentent de le passer sous un filet d’eau pour le nettoyer et le débarrasser de la tige, avant de le plonger dans la poêle à frire après l’avoir aspergé d’œufs brouillés et relèvent le goût en y ajoutant une gousse d’ail.
Oulaid Soualah
