M’Chedallah – l’élevage de montagne compromis ?

Les incendies ont complètement ravagé les traditionnels parcours de pâturages collectifs en haute montagne, réduisant à néant l’espoir d’une relance de cette filière qui fait vivre des centaines de familles. Ces pâturages collectifs de la tribu Ath Aissi situé au lieu dit Touvrazine qui surplombe le village Islan, représentent une immense surface domaniale dont profitent les éleveurs de Imezdhourar et Ath Illithen, de Vou Fenzar qui s’entend jusqu’à Ifhkou et Imghouzen situé sur les flancs sud de Tamgout. Ceux-là appartiennent à la tribu d’Imchedallen.

Au nord-est le parcours des pâturage collectif de la tribu Iwakuren et à l’extrême est celui D’Aghvalou appartiennent à la tribu qui porte le même nom dont profitent aussi ceux de Tiksiridene de la commune de Chorfa. La totalité de ces vastes surfaces a été réduite en cendres chassant ainsi des milliers de têtes de bovins, ovins et caprins dont c’est la période de transhumance. N’ayant pas eu le temps de faire des stocks d’aliments de bétails (foin et paille), les malheureux éleveurs, surpris par cette catastrophe d’envergure, n’ont d’autres choix que celui de brader leur cheptel au niveau des marchés à bestiaux. Il s’agit pour eux de limiter les pertes ou du moins récupérer une partie du capital investi dans cette filière de l’élevage de montagne.

Il serait difficile de convaincre ces malheureux éleveurs de reprendre cette activité déjà fortement affectée par des maladies endémiques qui ont décimé des troupeaux entiers telles que la clavelée, la fièvre aphteuse et la brucellose qui ont fait des ravages dans les troupeaux toutes espèces confondues il y a moins de deux mois. Aussi ces incendies en séries qui n’ont épargné aucun parcours de pâturages collectifs viennent de porter le coup de grâce à l’élevage de montagne à moins d’une ingérence de l’état à travers des indemnités qui restent un mince espoir au vu de la crise économique, ajoutée à une grave déstabilisation sociale et politique. Notons enfin que l’apiculture et l’aviculture ont aussi subi leur part de dégâts.

O. S.