Tazmalt / Quand l’affichage verse dans l’anarchie

Il y a quelque chose de franchement inélégant dans l’affichage en rapport avec l’activité des organisations associatives, notamment celui concernant les différentes compagnes électorales, tant les incongruités crèvent les yeux. Tout le monde l’aura constaté en effet. Les prétendants, dans leur écrasante majorité ne se sont nullement contentés d’occuper les espaces dédiés à l’affichage, mais ont allégrement empiété sur pratiquement tous les espaces susceptibles de supporter leur message et de rapporter quelque crédit à leur cause politique. Une véritable frénésie, qui a fait fi de tout scrupule, pour écumer devantures de magasins, façades d’immeubles et des commerces, abribus, pylônes électriques, poteaux téléphoniques… Le citoyen se trouve fatalement désarçonné face à des murs tarabiscotés par une pléthore d’affiches en rapport avec les précédentes échéances électorales et dont personne ne s’est occupé d’enlever après le scrutin. Seul un œil avisé peut établir le distinguo, d’autant plus que certaines affiches, pour les soustraire à l’arrachage, sont placardées si haut qu’elles sont inaccessibles à la lecture. Certains postulants aux élections locales ont poussé l’indélicatesse jusqu’à oblitérer les panneaux de signalisation routière. Le rubicond est manifestement franchi quand en lieu et place d’un sens interdit ou d’un stop, vous vous retrouvez nez à nez avec une liste de candidats indépendants ou de quelque parti politique. De quoi dérouter le plus habile des automobilistes ! En faisant feu de tout bois et en se laissant aller à des pratiques frisant l’hérésie, des politicards en panne de projets ont voulu, sans doute, rattraper en quelques semaines de campagne, des années de léthargie politique. En vérité ces pratiques n’ont fait que rajouter une couche de discrédit à la chose politique, déjà frappée de lourdes suspicions, et gonfler les rangs des abstentionnistes.

N. M.