Béni Zmenzer / Les jeunes en manque de tout

De quoi disposent les jeunes de Béni Zmenzer comme loisirs, avec quoi peuvent-ils combler leur temps libre, avec quels moyens sont-ils prémunis contre l’oisiveté et autres fléaux qui ne manqueraient certainement pas de les «solliciter» ?

Comme pour tous les jeunes de Kabylie, il n’y a rien ou presque à leur disposition qui puisse leur servir de passe-temps constructif, à même de contribuer à leur épanouissement physique, psychologique et autre. Plutôt livrés au chômage et à l’oisiveté ils sont à la portée du premier vice qui arrive. Une proie facile et des clients de plus à ces nouveaux «patrons investisseurs» en Kabylie, les tenanciers de bars clandestins et fumeries, qui font leurs commerces et leur beurre au vu et au su de tout le monde, des autorités en premier lieu, sans être inquiétés. Au niveau de l’APC, on reconnaît effectivement l’insuffisance de la prise en charge du secteur, tout en mentionnant l’incapacité de l’APC à répondre à elle seule à la demande qui émane de cette frange névralgique. Il faut reconnaître que Béni Zmenzer est un vaste territoire, constellé de plusieurs dizaines de villages, souffrant dans tous leurs compartiments, avec une population évaluée à quelques 13. 000 âmes, dont une grande proportion de jeunes, d’où la difficulté de répondre positivement à toutes les sollicitations émises. «Bien sûr que notre jeunesse souffre et nous sommes conscients du problème, mais nous sommes loin de pouvoir la doter de tous les moyens de distraction, de loisirs et en infrastructures sportives, culturelles et autres», nous dira le maire, M. Chafa. Les PCD alloués à la commune semblent trop maigres pour espérer répondre à tous les besoins qui s’expriment en matière de développement local dans tous ses volets, assainissement, revêtement

des routes, AEP, entretien des écoles…etc. «Nous avons sacrifié une partie du parc communal pour en faire une salle de sports, c’est vous dire les efforts que nous faisons pour tenter d’endiguer contre les dangers qui guettent les jeunes», ajoute le P/APC. A côté de la salle omnisports, sise à Aglagal, cela constitue un tant soit peu une parade, mais ce n’est pas d’un grand secours.

Une bibliothèque et une maison de jeunes en attente d’équipement

En plus du foyer de jeunes du village d’Aït Ouaneche qui a ouvert ses portes depuis longtemps et celui d’Aït Anane, achevé tout récemment, grâce à l’APC et à la subvention de l’APW de l’ordre de 40 millions de centimes, nous avons appris, toujours par le même interlocuteur, qu’une structure du même genre est en construction au village Meloul. Cette dernière, nous assure le P/APC, sera opérationnelle d’ici la fin 2011. Ces foyers, même si leurs capacités d’accueil et leurs moyens sont limités, constitueront certainement une petite consolation aux jeunes des villages concernés, surtout si ceux-ci décident de mettre du leur en les occupant et en les utilisant rationnellement et intelligemment. A cet effet, l’exemple de l’association «Imal» d’Aït Anane est mis en avant par l’APC, dont le premier magistrat nous informera que le foyer de jeunes du village est mis à la disposition de celle-ci, qui y organise des cours de soutien pour les élèves scolarisés et tient dans l’enceinte de multiples activités. Une bibliothèque implantée au chef-lieu est en attente d’équipement. L’appel d’offres serait déjà lancé par la direction de la culture et ce qui devrait être fait pour la rendre utile interviendra normalement sous peu. Au même lieu, on nous parle d’une maison de jeunes, construite en 2009 et achevée en 2010, mise à la disposition de la DJS qui aurait programmé son équipement pour le début de l’année 2011. Bien des promesses, mais seront-elles tenues ?

S. A.