Après sa décision, lui et son staff, de démissionner, M. Ikhedji Mouloud, l’ex-entraîneur de l’équipe nationale des seniors dames de volley-ball, est revenu dans cet entretien pour éclaircir les lecteurs sur les motivations qui l’ont poussé à se retirer.
La Dépêche de Kabylie: Confirmez-vous le dépôt de votre démission au sein de l’instance fédérale ?
Effectivement, j’ai déposé ma démission lors de la réunion fédérale du mercredi 24 Novembre 2010.
Cette décision est mûrement réfléchie. Aussi, les membres de mon staff, à savoir Mrs. Boussaid Salah l’entraîneur adjoint), Halem Ahmed (le préparateur physique) et Redjdal Mohand (le statisticien) ont fait de même.
Peut-on connaître les raisons de ce divorce après cinq longues années passées à la tête de l’EN ?
Sincèrement, il y a plusieurs facteurs qui m’ont poussé à prendre cette décision, à commencer par la saturation. Je me sentais trop fatigué après 5 années à la tête de la sélection, ce n’est pas facile de vivre la majorité du temps loin de sa famille. On a fait beaucoup de sacrifices et il faut savoir faire la part des choses. Le cœur, la motivation et le climat n’y étaient plus, je ne pouvais pas continuer.
Les moyens mis à la disposition de l’EN de volley-ball dames sont-ils suffisants?
La fédération a mis les moyens dont elle disposait, mais cela demeure insuffisant pour élever encore plus le niveau acquis par l’équipe. Nous manquons d’infrastructure pour une préparation adéquate, car ce n’est pas seulement d’une salle de volley-ball qu’a besoin une équipe nationale mais d’un centre de préparation avec toutes les commodités nécessaires qui répondent aux exigences de l’entraînement moderne. On a décroché la médaille d’or aux jeux africains d’Alger en 2007, un mois après, on a été vice champion d’Afrique au Kenya, on a pris part aux jeux olympique de Pékin en 2008, champion d’Afrique en titre et, dernièrement, une participation aux championnats du monde. L’équipe a atteint un stade qui mérite beaucoup plus de moyens, on a côtoyé le haut niveau lors du dernier championnat du monde et on doit l’accompagner par des moyens adéquats. On doit chercher la qualité en s’inscrivant dans les tournois internationaux…
Des rumeurs circulent sur des divergences avec l’actuel bureau fédéral, les confirmez-vous ?
Si j’ai écouté ce qui se dit dans la rue et donné de l’importance aux rumeurs, j’aurais quitté ce poste le jour où j’ai pris mes fonctions d’entraîneur national. Des divergences il y’en a eu et il y’en aura toujours avec les dirigeants, quel que soit l’entraîneur. Chaque entraîneur vient avec sa vision, sa gestion, son savoir et son staff. Il ne faut pas oublier une chose, l’entraîneur est maître de ses choix, il est le premier responsable technique, et s’il y a des interférences la relation de travail est rompue. Il faut savoir se retirer au moment opportun. Je préfère laisser ma place propre comme je l’ai trouvée à mon arrivée.
C’est sûrement avec un pincement au cœur que vous allez quitter l’EN ?
Après bientôt cinq années à la tête de l’équipe, cette dernière est devenue ma seconde famille. Je pars la conscience tranquille avec le sentiment du devoir accompli. J’ai discuté avec quelques athlètes que j’ai pu contacter, malheureusement pas toutes, pour leur expliquer ma décision, car on avait comme objectifs les championnats d’Afrique de 2011 et la qualification pour les JO de Londres 2012.
Je souhaite de la réussite pour le futur sélectionneur et pour toute l’équipe.
Un dernier mot ?
Je tiens à remercier et rendre hommage aux membres de mon staff, Mrs. Boussaid Salah, Redjdal Mohand, Halem Ahmed qui m’ont été d’un apport et soutien considérables, et à toute l’équipe, sans oublier les athlètes ainsi que leurs parents, la direction technique nationale et quelques membres de la fédération qui ont été sincères et productifs.
Entretien réalisé par Zahir Hamour
