La route du Cap est tracée sur la montagne Imma Tadrart entre 1864 et 1865. A l’origine, les concepteurs voulaient relier Béjaïa à Sétif. Entre l’idée d’une route littorale ou percer un tunnel, l’on a préféré la solution la plus facile qui est de tracer cette route sur le pied de la montagne Imma Tadrart.
Cette route fut la voie principale pour rejoindre Sétif jusqu’en 1962, date à laquelle les autorités algériennes ont sollicité une entreprise franco-italienne, spécialisée dans les travaux publics, pour percer un tunnel sous la route du Cap et de faire passer la voie, connue aujourd’hui sous le nom de la RN 9 et de relier Béjaïa à Sétif. Depuis que la RN 9 fut ouverte, la route du Cap n’est plus la voie principale. Elle est devenue une route typiquement touristique. Perchée comme un balcon sur la montagne Imma Tadrart, elle nous permet de dominer la vue sur toute la ville d’Aokas et les villes avoisinantes, d’avoir une splendide vue sur la ville de Béjaïa et de plonger son regard dans l’immensité bleue de la méditerranée. Durant la saison estivale, cette magnifique route est fréquentée par des milliers de touristes contrairement à d’autres saisons, où elle est fréquentée par quelques personnes qui sont là dans la majorité des cas, pour partager un verre entre amis. Malheureusement, on ne trouve pas de poubelles et les éboueurs ne passent pas pour nettoyer les lieux. De fait, le vide est jeté partout et s’accumule au fil du temps sur les bords de la route. Aujourd’hui, si on emprunte cette route, on ne peut pas rester indifférents de l’énorme quantité de bouteilles et de cannettes vides jetées sur les bords de cette magnifique route, qui est supposée être touristique. La route du CAP est devenue désormais le plus grand comptoir au monde, un dépotoir.
Reda Senoune
