La couture dans les veines

C’est une passion dévorante que Baya Salem voue à la couture. Une passion qui lui «colle aux basques» depuis sa tendre enfance.

«C’est ma mère, couturière à temps perdu, qui m’a mis le pied à l’étrier», se remémore-t-elle, avec un brin de nostalgie.

Depuis, que de challenges auréolés de succès ! «Mon désir est de promouvoir notre couture authentique au-delà de nos frontières», ambitionne la couturière. Ses somptueuses créations sont inspirées des régions de l’Algérie profonde : étoffes nobles, broderies raffinées, tissus scintillants…. Baya affectionne particulièrement les déclinaisons de la robe kabyle qui est à la fois sa muse et son égérie. «Mon défi était de me pencher sur une forme plus travaillée, plus ajustée, échappant au modèle traditionnel», explique-t-elle en exhibant une collection de robes aux bijoux flamboyants dont les motifs révèlent une féminité absolue. Une collection qui rivalise d’imagination et de fraîcheur. Le concentré de culture décline, par ailleurs, les influences de sa ville d’adoption : Alger. On le perçoit à travers une profusion d’organza éclatantes, de soies étincelantes et de broderies surprenantes par leur originalité et montant en épingle toute la splendeur de la robe algéroise. Baya s’est amusée subtilement avec les motifs et les volumes des étoffes qu’elle a animés au gré des plissés et des dentelles, rehaussées de broderies rarissimes. Férue des pièces anciennes, elle s’est orientée, chemin faisant, vers la création de parures ornementales extraordinairement élaborées. «Mon principal matériau reste la dentelle de métal», nous confie la styliste, dont l’ensemble des créations est rehaussé de pierres précieuses, de strass et de brillants. Baya ose et innove à volonté. De la minerve jusqu’au corset bijoux, elle explore toutes les facettes d’un univers qui est manifestement loin d’avoir fini de dévoiler ses secrets.

N. Maouche