Sous le signe de l’amour

C’est jeudi à 13h 30 au centre culturel Abderahmane Fares d’Akbou que la cérémonie d’ouverture du quatrième festival de poésie, organisé par l’association «Etoile culturelle» a eu lieu. Cet événement d’envergure intitulé«Poésie sans frontières, voyage au royaume de l’amour», regroupe des poètes venus des quatre coins du pays, plus précisément de 13 wilayas. Pendant quatre jours, la salle Abderahmane Fares vibrera au rythme de la poésie amazighe. Après avoir honoré Si Muhend U M’Hend en 2005, lors de son centenaire, puis Mohand Saïd Amlikech et Na Rahma Ouaïssa, l’association a décidé de rendre un vibrant hommage à feu Rabah Maraoui, dit Aami Saïd ; homme éclectique, poète, journaliste, dramaturge et auteur de plusieurs ouvrages. Humaniste avéré son altruisme, sa générosité et sa bonté sont cités en référence dans toute la région de la Soummam. Organisée en collaboration avec l’APC d’Akbou et la Direction de la culture de Bgayet, cette rencontre poétique d’expression amazighe se veut un incontournable moment d’échange, de confrontation, un espace de communion et d’émulation entre poètes confirmés et en herbe. Ainsi donc, c’est en présence des membres de la famille du défunt ; ses frères et enfants, un public nombreux, et une participation d’une soixantaine de poètes et poétesses, aussi enthousiastes les uns que les autres, venant de treize wilayas du pays (Ouargla, Oum El Bouaghi, Oran…), que s’est ouverte cette manifestation. Cette rencontre a été l’occasion de décerner des prix aux lauréats de l’année passée (Meznad Mohamed, Dali Salima, Larbi Zidane), suivie de témoignages des amis du défunt, tous émus de parler de lui au passé. Un film documentaire retraçant l’itinéraire de feu Maraoui a été projeté au public. Natif d’Akbou, Maraoui Rabah, dit Aami Saïd, a des origines d’Ath Weghlis (Village Tidjounane). «Homme serviable, cultivé valeureux, très actif, il était une encyclopédie vivante dont tous les gens bénéficiaient de son savoir et de son grand cœur», dit Mouloud Salhi, président de l’association. Le programme, enrichi de récitals poétiques, a pour ossature la déclamation de trois poèmes pour chaque participant devant un jury que préside M. Boualem Messouci, poète et traducteur. Aussi, pendant trois jours, trois conférences-débat sont au programme : «la poésie et l’amour dans les œuvres de Baudelaire», de M. Halouane Hassan, de l’université de Bouira ; «le discours d’amour dans la poésie kabyle», d’Abdenour Abdeslam et enfin «Nizar Kabbani, l’ambassadeur de l’amour» de Naaman Azziz. Fidèle à ses traditions, l’association «Ithri adelsan» brille encore et brigue une place au royaume de l’Amour en partenariat direct avec les citoyens dans un élan de découverte, de partage et de communion. D’un hommage à la compétition, les participants cultivent un seul leitmotiv : la poésie et l’amour n’ont pas de frontières. Poussières de vie et de mémoire, feu Maraoui «a laissé des traces à suivre avec espoir et passion», dixit le président de l’association.

Tarik D. et A. Besbas