La ville de M’Chedallah qui cumule le statut de deux chefs-lieux de commune et de daïra, offre un piètre décor avec des boulevards, artères, rues et ruelles défoncés, délabrés et qui affichent un incroyable abandon pour une ville de cette envergure. Les nids de poule ne se comptent pas, ce qui oblige les automobilistes à rouler à droite, à gauche ou en plein milieu de la chaussée. Spectacle qui n’étonne plus personne car l’écart dans la conduite étant justifié par les innombrables trous béants parsemés le long des rues avec un degré supplémentaire au niveau du boulevard central. Si ailleurs les chauffeurs négocient les virages selon leur propre jargon, a M’Chedallah ville, on négocie plutôt les nids de poule. Ils sont fréquents les frottements d’ailes, éclatement des feux de position ou de par-choc lors des croisements des véhicules qui se serrent pour éviter les trous et les insultes et autres coups de gueule qui fusent de partout. Les piétons ne sont pas logés à meilleures enseignes avec des trottoirs complètement défoncés par endroits. Les pavés s’ils n’ont pas carrément disparu, ont changé de position en passant de celle plate à la verticale, des pavés sur lesquels on trébuche, on perd l’équilibre, avec le risque de s’étaler par terre à chaque pas. Et cela en plus des flaques d’eau qui se forment après chaque averse, au point où pour accéder à quelques services publics équivaut à traverser à gué à l’image de l’entrée de l’agence Sonelgaz, l’édifice étant réalisé en décalage par rapport au niveau de la rue qui se transforme en piscine. Les tronçons des trottoirs épargnés par cette intolérable dégradation galopante sont tout bonnement squattés par les commerçants, et font désormais partie des surfaces exploitées par des particuliers. D’ailleurs, ces trottoirs ont perdu leur statut de voie publique ce qui contraint les piétons à circuler directement sur la chaussée et…négocier à leur tour le passage entre les véhicules en récoltant bien souvent sur leur passage quelques insultes et mots déplacés lancés par les chauffeurs nerveux et pressés. En raison de cet état d’abandon, la plus ancienne ville de la daïra de M’Chedallah se transforme chaque jour aux heures de pointe en fête foraine de jadis. Elle grouille de monde, de véhicules, d’ordures dans une indescriptible anarchie. Une urgente opération d’aménagement urbain est plus qu’indispensable pour redonner à ce gros centre urbain un aspect digne d’un chef-lieu de commune et de daïra. Encore heureux qu’on ait pensé à délocaliser plusieurs services publics vers la nouvelle ville à Oughazi, simplement pour tous les citoyens qui rappliquent des quatre coins de la daïra vers ces nouveaux locaux des services publics, le geste de faire une tournée au niveau de l’ancienne ville pour une raison ou une autre est inévitable. Ce qui revient à dire que l’affluence ne diminue en rien malgré cette délocalisation. La daïra de M’Chedallah étant parmi les plus importantes en matière de démographie, ajouté au fait d’être une plaque tournante sur le volet commercial fixe et ambulant, il est facile d’imaginer l’activité de ruche qui s’y produit quotidiennement.
O. S.
