Qui n’aime pas la paix ?

La question qui se pose, qui doit être posée quand on parle du projet de charte pour la paix et la réconciliation, n’est pas, êtes-vous pour ou contre le projet de Bouteflika mais êtes-vous pour ou contre la paix ? Et cette question, n’en déplaise à ceux qui voient dans le texte une « réhabilitation des terroristes ou de l’islamisme politique » est contenue dans le texte lui-même. L’objectif premier du texte est de ramener la paix, de panser les blessures, pour favoriser les conditions du développement économique et social, seul en mesure d’enrayer définitivement la crise et ainsi favoriser l’émergence d’un Etat, à la fois moderne et démocratique. En rétablissant la paix et la concorde, on extirpe, en effet, de la société les germes mêmes qui ont provoqué la tragédie qui a ensanglanté, une décennie entière notre pays: la misère, l’injustice, l’intolérance, la gabégie, la corruption. Les forces de la démocratie et du pouvoir, hommes politiques, intellectuels, militants d’associations, hommes et femmes de tous horizons pourront proposer de nouvelles idées, de nouveaux modes de penser, de nouvelles conceptions du monde, qui feront avancer, sur la voie de la modernité, le pays. Dans le respect mutuel des croyances et des opinions, où les seules armes admises seront celles de l’esprit et de la critique constructive. Dans le respect aussi des lois de la République, que chacun se doit de respecter et de défendre Voter pour la charte, c’est donc voter oui pour la paix mais aussi pour la République, pour la modernité, pour la démocratie. C’est, pour reprendre l’expression de Amara Benyounes, lui accorder un « oui républicain », le seul en mesure de sortir l’Algérie de la crise.

S. Aït Larba