Né le 12 janvier 1954 dans la région de Béni Yani (ou Ath Yani), à Aït Lahsen, Brahim Izri, auteur, compositeur, interprète, a toujours été dans le monde de la musique. En effet, Brahim est né musicien, bercé par les musiques et les chants des Zaouias. Au lycée, il faisait déjà partie d’un groupe qu’il avait nommé Igudar et dont il était l’un des membres fondateurs. Nous l’avons, tout d’abord, connu en tant que guitariste du chanteur Idir au milieu des années 1970 qu’il quitta quelques années plus tard pour entreprendre une carrière en solo. Après de nombreuses sorties d’album, Brahim Izri connaît un véritable succès dans son retour sur le devant de la scène avec l’album Lbudala qu’il sort en 1995, avec des reprises de certaines chansons telles que Ay ajuwaq, Inid inid… Cet album connaîtra un franc succès grâce au titre Cteddu-iyi, d’ailleurs repris par Idir. Quelques temps après, un contact se crée entre Brahim Izri et Maxime Leforestier et, en 1999, Tizi-Ouzou sort avec un superbe trio : Brahim Izri, Idir et Maxime Leforestier. Chanson, encore une fois, reprise pour le compte du chanteur Idir dans l’album Identité. On retiendra également de Brahim Izri l’homme au grand cœur, le frère toujours présent pour ses frères et sœurs algériens subissant l’injustice de la vie : Bab El Ouad, Boumerdès. On se souviendra encore et encore du texte poignant qu’il interpréta en Kabyle aux côtés de ses amis artistes pour Algérie mon amour à la demande de son ami Baâziz. Plus déterminé que jamais, l’engagement de Brahim Izri se révèlera sur tous les fronts où la liberté la démocratie, la femme, la culture, la paix sont menacées. Avec Algérie Lecture de Femmes, Brahim Izri était là pour faire connaître justement la Plate-forme d’El Kseur, pour demander l’abrogation du code de la famille afin de servir la lutte des femmes mais aussi de servir le combat des Aârchs en demandant la libération de Belaïd Abrika et de tous ses compagnons. Brahim Izri fût le seul artiste à avoir réuni une pléiade d’artistes kabyles, arabes, français, israéliens… pour se joindre à lui dans cet engagement. Brahim Izri, celui qui avait soif de savoir, de justice, de liberté et qui a su donner beaucoup d’amour à autant de personnes, était atteint depuis quelques années déjà d’une maudite maladie qui nous l’a arraché un soir de 3 janvier 2005, à l’hôpital Hôtel Dieu… Mais Brahim est parti la conscience tranquille en laissant deux charmants enfants sur lesquels il a beaucoup compté et comptera toujours, où qu’il soit, avec des amis qui l’ont soutenu jusqu’au bout et un album qu’il a enregistré et que nous découvrirons pour notre plus grande joie très prochainement. Brahim Izri n’est pas parti sans rien laisser. Au contraire…
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