Vendredi, plus d’une centaine de jeunes ont investi, en début d’après- midi, la R.N.26 la fermant à la circulation en érigeant des barricades avec des pneus enflammés, des pierres et en entassant tout ce qui leur tombait sous la main.
Les nuées de fumée noirâtre attirent d’autres jeunes qui accourent des quatre coins de la ville, et même des communes environnantes, vers les coups de 16 h 00,la placette servant de gare routière en face du commissariat est noire de mond,Premières pierres lancées contre l’édifice,la riposte de la police par des tirs de bombes lacrymogènes donnent le signal des échauffourées entre les jeunes qui ne demandaient qu’à en découdre avec les forces de l’ordre;devant l’ampleur des heurts les commerçants baissent leurs rideaux, alors que certains mettaient à rude épreuve les policiers qui se sont cloîtrés dans les locaux se contentant de riposter du haut de la terrasse du commissariat avec de temps en temps des rafales de balles réelles,d’autres émeutiers se sont attaqués à l’agence de l’A.D.E. qu’ils ont saccagés avant de mettre le feu. Le même sort fut réservé aux locaux de l’inspection des impôts et la recette du même secteur,où les environs sont jonchés de tous les documents administratifs jetés dehors,avant que le feu ne fasse le reste.Entretemps,des rumeurs les plus folles arrivaient, « les locaux des contributions de Sidi Aich ont aussi été la proie des flammes, idem pour l’agence sonelgaz d’Amizour …. ».Des rumeurs qui circulaient pour galvauder encore plus les jeunes.La contestation était prévisible dés les premières heures de la journée,perceptible notamment chez les commerçants qui n’avaient plus le sourire habituel.Les jeunes et les moins jeunes que nous avons rencontrés sur les lieux des échauffourées nous ont indiqué « que le mouvement de protestation motivé par la hausse des prix des produits de large consommation (huile,sucre,cafélait…) et la menace de rareté de la semoule et son éventuelle augmentation,va s’étendre dans la durée et gagner d’autres communes et va se radicaliser de plus en plus jusqu’à ce que les prix baissent ».Ceux qui ont décidé de la hausse des produits de base,alors que la paupérisation gagne de plus en plus de terrain au sein de toutes les couches de la population à l’exception des rentiers bien sûr,risquent de mettre le feu aux poudrese.
B.R.

