La BADR, la Sonelgaz et Algérie-Poste saccagées et pillées

Les émeutes qui ont débuté vers la fin de la matinée du samedi à Draâ Ben Khedda se sont poursuivies dans la soirée et au cours d’une grande partie de la nuit du samedi à dimanche. Le boulevard Kesri, du côté de l’APC, était le théâtre d’échauffourées entre manifestants et la police anti-émeute. L’air était irrespirable dans ce quartier qui prenait l’allure d’un nouveau centre- ville. Les affrontements s’arrêtaient pour reprendre quelques instants plus tard. Comme si les émeutiers se donnaient le temps de souffler. La nuit fut très agitée. Des renforts de policiers sont parvenus pour tenter de canaliser les jeunes qui sont infiltrés par d’autres venus d’ailleurs pour d’autres objectifs. Ainsi, la BADR fut la première à voir ses rideaux volés en éclats. Les émeutiers se sont introduits et ont saccagé tout ce qui leur tombait sous la main. Plusieurs ordinateurs ont disparu. Ensuite, la scène fut aussi désolante en ville. Ici, vers 23 h, des jeunes emportés par leur colère,se sont pris au siège de la Sonelgaz, près du cinéma,Le Hoggar est épargné cette fois-ci. Les pilleurs ont embarqué des micros. En face, ce fut le bureau d’Algérie -Poste qui a reçu la visite surprise des émeutiers qui ont trouvé le moyen d’y pénétrer, après avoir forcé le rideau, près de la brigade de Gendarmerie nationale qui n’a pas jugé nécessaire d’intervenir ou n’ayant pas reçu l’ordre de le faire. C’est à ce moment que l’assaut a été donné par des policiers, matraques brandies et les bombes lacrymogènes lancées pour disperser les émeutiers. Au cours de cette course -poursuite, un jeune du quartier a été arrêté puis conduit à l’ex commissariat. Un autre, plus âgé a été emmené de force par les policiers. Les deux jeunes furent libérés tard, dans la nuit. A Tadmaït, au cours de la même journée, les émeutes ont duré presque aussi longtemps que celles de Draâ Ben Khedda, pour que le calme revienne vers 1 h du matin. Dans l’ex Camp du Maréchal, le bureau de poste a été épargné grâce au courage du receveur qui réside dans son logement de fonction. Ce fonctionnaire est sorti, faire face aux jeunes déterminés à détruire. Il a pu les dissuader à abandonner leur idée, dans l’intérêt de leurs parents, proches, amis, veuves et orphelins qui seraient privés de pensions et autres salaires. Cependant, ils se sont pris au Distributeur automatique de billets (DAB) qu’ils ont brûlé. Ce matin, des fonctionnaires sont désignés pour faire les constats. Les dégâts sont énormes !

Arous Touil