Le conseil syndical UGTA et le CP disent NON !

Le conseil syndical UGTA de l’unité ciblée par une mise en liquidation et son comité de participation ont, dans un communiqué cosigné estimé que “ce serait un crime prémédité à l’encontre des travailleurs, si la décision de fermeture devient effective’’

Mauvaise passe pour l’unité carreaux-sol SOCERCA d’Amizour dont la fermeture s’annonce imminente si l’on croit les déclarations émanant de la société de gestion participative, SGP, dont le siège est à Hydra.

La nouvelle est répondue telle une traînée de poudre, non seulement au niveau de cette unité mais dans toute la région. La première réaction, par rapport à cette information, non encore officielle, est venue d’un député parlementaire indépendant de la localité d’Amizour, en l’occurrence M. Belkacem Meziane, qui a rendu publique une déclaration par laquelle il s’interroge ‘’Qui veut liquider la SOCERCA-Amizour, véritable fleuron industriel qui a été une grande bouffée d’oxygène pour la collectivité locale et nos concitoyens en général?’’. De leur coté le conseil syndical UGTA de l’unité ciblée par une mise en liquidation et son comité de participation ont, dans un communiqué cosigné estiment que ‘’ce serait un crime prémédité à l’encontre des travailleurs, si la décision de fermeture devient effective’’. Sans omettre de dénoncer les motifs préalables d’une éventuelle cessation définitive de toute activité les syndicalistes font rappeler au propriétaire, le SGP, leur cri d’alarme quant ‘’à une mauvaise gestion depuis 2005’’, date à laquelle la société SOCERCA commençait à montrer des signes de faiblesses. ’Les travailleurs se posent la question du motif du laisser aller du propriétaire face aux multiples requêtes du partenaire social qui a pris le devant pour dénoncer une mauvaise gestion&hellip,; ainsi, plusieurs écrits ont été envoyé au PDGH du groupe ECE et au SGP (IPRS) les informant de la situation régressive de la SOCERCA’’.

Le DG de l’unité d’Amizour, joint au téléphone, dira fermement qu’il n’est informé de rien, s’agissant bien sur de l’éventuelle fermeture de l’usine, mais en lisant une correspondance (n° 307) de ce même directeur, datée du 14 novembre passé et adressée au partenaire social, l’on trouve un autre son de cloche en faveur d’une fermeture certaine de l’unité. ‘’Compte tenu de la situation actuelle de la société l’arrêt de l’activité de production est imminente pour cause de rupture de matières premières, de défaut de trésorerie et de dettes importantes ’’a-t-il mentionné en proposant de ‘’transmettre un protocole d’accord collectif à soumettre au propriétaire’’. Les syndicalistes ont aussi évoqué des propositions affichées lors d’une réunion avec leur direction pour lui faire part de la nécessité d’opter d’abord pour ‘’une meilleure relance économique ’’, comme ils refusent d’anticiper dans la signature d’un volet social qui ne doit être qu’un dernier recours devant l’impasse, manière de ne pas être les boucs émissaires d’une mort programmée de la société.

Il est vrai que l’unité d’Amizour est en mauvaise posture économique et sociale, ces dernières années, avec des agitations qui ne font qu’accélérer la descente aux enfers de l’une des meilleures usines de la région. «Un surendettement asphyxiant, une déperdition d’environ 300 millions de centimes par mois et des salaires virés en retard et sous conditions d’écoulement, difficiles, de la production». Ce sont des propos de certains travailleurs rencontrés lors de notre sortie de l’usine qui trouvent quant à eux que la fermeture est la seule solution favorable ‘’à fin de libérer les travailleurs d’une situation intenable’’. La fermeture de cette unité jadis symbole d’une prospérité économique, laissera certainement une cicatrice béante et ne sera qu’un indice que le secteur de l’industrie à Amizour est mal pris en charge.

Nadir Touati