Seddouk : Ce sont les moyens qui manquent le plus

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Le village de Seddouk Oufella dans la commune de Seddouk, berceau du valeureux et érudit Cheikh Belhadda, à le voir de loin avec ses peupliers distingués au milieu d’une magnificence enclave naturelle verdâtre que complète un somptueux mausolée dont le minaret très haut est visible des quatre coins du territoire de la commune, on dirait un majestueux paradis où vivent les anges. Mais en arrivant sur le lieu, la fabuleuse imagination cède la place à une illusion perdue. La population vit dans le dénuement total. Certains vivent encore dans des maisonnettes anciennes menaçant ruines. Le manque d’infrastructures pouvant contribuer à l’amélioration du cadre de vie est criant. «On est en 2011 et le téléphone fixe n’a jamais sonné à Seddouk Oufella. L’Internet, le fax ou tout autre plaisir que procure la téléphonie fixe, restent des rêves chimériques que nous n’aurons peut être jamais, si l’Actel se cramponne toujours dans sa mauvaise volonté nous inscrivant aux abonnés absents», se révolte un citoyen. Outre l’Actel, notre interlocuteur se rebelle contre la nonchalance des autorités locales qui, selon lui, n’arrivent pas ou ne veulent pas apporter des solutions concrètes aux problèmes plusieurs fois signalés. «Les infrastructures de loisirs des jeunes, c’est ce qui manque le plus dans notre village. Nos jeunes ont cru un jour qu’ils allaient sortir de l’ornière lorsque l’APC leur a annoncé la notification d’un terrain de jeux de proximité. Par manque d’assiette foncière appropriée, le projet a été transféré ailleurs. Avec cette misère qui plane sur les villageois, nos responsables veulent que quelqu’un offre une assiette foncière gratuitement. Mais pourquoi, bon sang, et comme le veut la logique des choses, ils ne songent pas à acheter cette assiette foncière ?! L’inexistance de cafés fait que jeunes et vieux se rassemblent à Ta3ssast, la grande placette du village, et c’est là qu’ils passent leur temps à bavarder ou à regarder la montagne d’Achtoug située en face», ajoute-t-il en fulminant. Situé en haute montagne à quelques 1 000m d’altitude, les gens font usage du bois et de la bonbonne de gaz pendant la période hivernale où la nature accentue la dureté de la vie des populations. «La bonbonne de gaz se raréfie parfois chez le seul épicier que compte le village. Allons-nous bénéficier de ce programme spécial de gaz naturel accordé par les pouvoirs publics à notre wilaya ? » Telle est la question que ce pose les citoyens de cette bourgade. Il faut dire aussi que ce n’est pas le top chez les propriétaires d’oliveraies et de figueraies condamnés à l’usage du mulet par faute de pistes agricoles. «Sans nulle doute, notre prestigieux village est le seul de la commune qui ne possède pas de pistes agricoles. Nous espérons seulement que nos responsables se penchent sur ce problème car les usages du mulet et de la brouette sont révolus et remplacés par la voiture», lance-t-il pour finir. Fort heureusement, hormis tous ces manques flagrants, à Seddouk Oufella, ils ont l’eau à gogo, sortie directement des entrailles de la terre à différents endroits, pendant que les trois autres villages situés plus bas crèvent le plafond pour une goutte d’eau.

L. B.

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