Le secteur de la culture ne fleurit pas encore dans la wilaya de Tizi Ouzou, malgré les efforts consentis dans le domaine. A Tizi, en somme, la culture est étroitement liée à la Maison de la culture Mouloud Mammeri de la ville des Genêts.
Hormis cette institution, et en attendant le lencement des activités au théâtre régional Kateb Yacine nouvellement inauguré la wilaya ne dispose pas d’autres espaces qu’on peut qualifié d’important destinés à l’activité culturelle.
Les quelques Maisons de jeunes éparpillées çà et là ne font le plein que périodiquement. A vrai dire, ces maisons et foyers de jeunes se sont propulsés au rang de centres de formation en initiant des formations professionnelles au profit des jeunes, « profitant » de l’absence des CFPA proprement dit. Ces Maisons de jeunes se sont déviées de leurs vocations premières qui consistent à offrir un espace d’évasion pour la classe juvénile en particulier. Du coup, les jeunes et moins jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes, d’autant que les différentes localités ne disposent pas de monnaie de rechange. Les cafés maures constituent ainsi la seule alternative, sinon les « longs bras » de la débauche n’hésitent pas à étreindre ces enfants de la rue. Ce n’est certainement pas par hasard que les fléaux sociaux sont en net développement dans la région où le suicide ne cesse de faire des victimes.
La monotonie tue, c’est la donne à Tizi. La réalité est, en effet, amère. Une wilaya qui ne dispose pas d’une salle de cinéma, avouons que c’est aberrant ! Les villageois pour voir un film sont appelés à descendre vers le chef -lieu de la wilaya et plus exactement à la Maison de la culture qui projette parfois des long métrages. La Maison de la culture est effet, de plus en plus sollicitée.
Cette dernière n’hésite pas bien sûr à répondre favorablement à la forte demande dont-elle fait objet en initiant d’assez riches et variés programmes. Force est de constater d’ailleurs que cette infrastructure ne désemplit pas à longueur d’année. Elle est prise d’assaut chaque jour, par des dizaines,voire de centaines de citoyens en quête de distraction, de loisir et de connaissance. Il va sans dire, en effet que la Kabylie renferme une population éprise de la chose culturelle. Elle le démontre à chaque occasion.
D’ailleurs les différents festivals organisés périodiquement dans les localités ont été toujours primés par des réussites parfaites à tel point que des fêtes ont été hissées au rang de festivals. Le festival de la poterie à Maâtkas, le tapis d’ath Hichem, celui de la poésie Amazigh de Timizart… Se sont implantés dans leurs régions respectives grâce notamment à l’abnégation populaire. Une abnégation qui a encouragé leurs organisateurs à tenir le coup… Et les jours meilleurs ont finit par arriver puisque désormais les différents festivals et fêtes ont droit à un intérêt particulier de la part des responsables et des participants. Les jours meilleurs, le secteur de la culture les attend toujours dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’horizon n’est pas aussi sombre que cela puisse paraître. La pléiade de projets retenus dans la domaine laisse espérer un lendemain radieux.
En effet, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou a retenu d’un tas de projets, entre autre, la réalisation d’une bibliothèque à Tizi Ouzou, une autre à Tizi Ghennif, un centre culturel à Azazga, une cinémathèque à Tizi Ouzou…Ceux s’ajouteront aux quelques structures déjà existantes à leur tête le théâtre régional Kateb Yacine qui a été réhabilité dernièrement. Quoi qu’il en soit, le théâtre offre en tous cas une assez fière allure après qu’il s’est refait une toilette.
Il faut dire que ce véritable joyau architectural est doté de tous les moyens et commodités inhérentes à la fonction de vrai théâtre, concernant notamment la scène artistique, la sonorisation …l’infrastructure n’a rien à voir avec l’ancien théâtre. Il est à peine connaissable.
Pour les observateurs c’est de bon augure pour la culture qui semble avoir de beaux jours devant elle.
M.O.B

