M’chedallah Le service est très sollicité de jour comme de nuit – Le manque d’effectif paralyse les urgences à l’EPH

Pour une contusion assez sévère au poignet nous nous sommes rendus au service des urgences de l’EPH, ce jeudi vers 15h30. D’entrée, nous constatâmes que les deux salles d’attente et les couloirs sont bondés de malades dont la plupart sont des cas assez sérieux. En nous reconnaissant, quelques employés de ce service ont voulu nous faire passer en priorité ce que nous avons refusé eu égard de la présence de cas beaucoup plus graves. Vers 16h, l’équipe du jour est remplacée par celle de la nuit. Cette «relève» est composée d’un infirmier, qui nous apprendra par la suite qu’il est anesthésiste, un médecin, deux agents de service et beaucoup d’agents de sécurité. Après 01 heure d’attente, nous nous sommes enfin introduits dans le cabinet de consultation, où un radiologue, les yeux cernés et,apparemment, fatigué voyant de quoi il s’agissait, avant même que le médecin ne délivre d’ordonnance, nous entraîna par le bras vers le service radiologie. Entre-temps, arriva un enfant d’environ 04 ans, heurté par une voiture du coté de Semmach, un autre enfant de 02 ans tombé quant à lui, d’un balcon à Raffour, une vielle femme, se plaignant d’une colique néphrétique, une autre femme, d’un certain age qui se pliait de douleurs et, enfin, un dernier cas grave, un enfant de12 ans ramené par la protection civile. Notre radiologue, qui a eu du mal à tirer un cliché clair, explique que l’appareil est surchauffé à cause d’une sur utilisation continue, notre interlocuteur nous explique que ce ne sont pas moins de 350 clichés qui ont été tirés rien que pour la journée du jeudi, ce qui dénote on ne peut mieux le volume de travail quotidien de ce service d’urgences. Retour vers le cabinet des consultations, cliché en main, arrivée de nouveaux malades, tous ceux énumérés attendent toujours une prise en charge du paramédical, ordonnances en main. L’unique infirmier est toujours occupé avec l’accidenté de Semmach qui présente de nombreuses fractures. Gémissements, hurlements et plaintes de douleurs fusent de partout, les agents de sécurité s’agitent, le comportement de quelques uns, voulant faire de l’ordre, finissent par agacer et les malades et les accompagnateurs, le ton monte rapidement. De nouveaux malades arrivent, l’infirmier jette des coups d’oeil désolés aux malades qui l’implorent et lui demandent de l’aide. Nous avisâmes le médecin de la situation intenable des malades. Celle-ci elle répond qu’elle ne peut rien faire en dehors de la consultation et de la délivrance des ordonnances. 17h, arrivée du chef de service du jour que nous interpellâmes sur l’intolérable manque d’effectif paramédical, il se saisit du téléphone intérieur et alerta le directeur de garde. 17h45, la situation s’empire avec l’arrivée, encore, de nouveaux malades, le service déborde, le ton remonte de nouveau, les gémissements aussi, l’infirmier, toujours occupé avec le même accidenté les agents de sécurité ne savent plus quoi faire, de nombreux accompagnateurs de malades commencent a donner des signes d’extrême nervosité l’un deux proposa de fermer l’hôpital. Proposition qui fera courir une onde de choc dans la foule devenue compacte. Sentant venir le pire, nous appelâmes le directeur de l’hôpital sur son portable et nous lui résumons la situation, il nous promet d’intervenir. Dix minutes plus tard, arriva le directeur de garde accompagné d’une armada d’infirmiers qui prennent aussitôt les malades en charge. 18h30, le service se vida après le traitement de tous les malades, nous fumes, à notre tour, pris en charge, il ne suffisait, finalement, que d’une seule injection pour que la douleur, qui nous faisait souffrir, disparaisse comme par enchantement, tout comme cette pauvre femme, cancéreuse parait-il, qui s’est subitement calmée après une injection de morphine soulageante après presque 02h d’atroces souffrances. Malgré la bonne volonté du personnel, ce service d’urgences n’en peut plus de tourner avec un effectif réduit et il y’ a vraiment « urgence » à le renforcer par un personnel qualifié et à tous les niveaux.

Oulaid Soualah