Le groupe Mastanabal, dont la création remonte à 1978, a décidé d’affronter l’émission de Mdjahed Hamid de la radio Chaîne 2. Nous sommes en 1985, la reprise et le non-stop n’étaient pas en vogue à cette époque. Le groupe a chanté “Kem tebghid” abarani”s. Le succès a été une surprise eu égard aux nombreuses années de préparation. Mastanabal enregistre sa première cassette en 1986 non éditée à ce jour. Loin de se décourager, le duo inséparable Chabane et Ahmed, récidive en 1989, suivi une année après d’une 3éme cassette qui a fait un tabac.La chanson fétiche étant “Imwalaln B Adrar Iw” tube incontesté qui a fait danser des milliers d’admirateurs. Pourtant, ce n’était guère facile pour un groupe dont le patrimoine se limite à une guitare et une derbouka. Mais la volonté et les prémices du talent ne manquent pas, ce qui est déjà essentiel. En 2004, le groupe Mastanabal pour ne pas être en retrait de la technologie naissante qui fait fureur, enregistre son premier DVD où l’on peut admirer les paysages féeriques de son village natal, Ait Bouaddou dans le Djurdjura, mais aussi de belles vues de la grande bleue du côté de Bouharoun. Les images qui parlent d’elles-mêmes sont tout de même mixées sur 04 chansons du groupe où l’on retrouve “Imawlam b adrar iw”, “Semhiyi”, qui est une chanson très sentimentale, “Ayen”, et “Yewrik”. Dans ce DVD, on peut retrouver aussi beaucoup de scènes typiquement kabyles, de sorte que nous y découvrons non sans plaisir Idhebalene, la couture, la poésie du terroir, le métier du tissage. La consécration est venue d’ailleurs. Le documentaire est accepté par une chaîne de télévision “Voyage” Le directeur de cette chaîne de passage ici en Algérie a accepté de diffuser le produit qui a été rendu possible par l’apport d’un réalisateur de talent Achour Kessai. Hamitouche le porte-parole du groupe, ne désespére pas de voir un jour la télévision nationale s’intéresser à son produit. Il y’a aussi la radio, dont Hamitouche est un fidèle auditeur et qui diffuse très peu leurs chansons. “Le non-stop et les reprises sont favorisés par rapport à la chanson de création. Nous ne sommes pas contre le non-stop qui est un style très apprécié surtout en été pour les fêtes. Il y’a aussi les innombrables “hommages” qui n’ont d’hommage que le nom, même s’il y a des hommages vraiment sincères tel que celui de la chanson du groupe Akfadou consacré à Issiakhem. Il suffit d’écouter cette chanson pour connaître tout sur cet artiste”.Hamitouche qui ne décolère pas, ne désespère pas un jour que l’art reconnaisse les siens lui, qui termine par la question : “Où est le travail de création dans tout ça ? et pourtant la chanson kabyle a fait le tour du monde avec une certaine mélodie, Avava Inouva…”
M. Ouaneche
