Le cri d’alarme est lancé. C’est le père fondateur de cette section, M. Mehenna Nassane qui fut l’entraîneur en chef de cette section depuis sa création en 1983 en compagnie de Belkacem Dinar, un autre amoureux du sport, qui s’est déplacé à notre rédaction, le cœur plein et les larmes aux yeux pour lancer un véritable SOS. “J’ai peur que notre section soit éteinte définitivement”, nous lance d’emblée celui qui a fait ses débuts dans la boxe, il y a plus de 40 ans au sein du Ring Algérois, avant de décider de ramener ses connaissances au sein de sa région natale, Mekla. “On a lancé la section en 83, durant plusieurs années nous avions, en compagnie de l’autre prestigieuse école de l’IRB Ain El Hammam, dignement représenté notre wilaya avec plusieurs champions d’Algérie”. En tout, le CRBM qui a débuté avec plus de 120 athlètes, toutes catégories confondues, a remporté six titres entre championnat et coupe d’Algérie. Les boxeurs les plus connus avaient pour nom Djamel Othmane (4 fois champion de 85 à 89), Touzane Mhend (finaliste en 83 et 84 ) et enfin Hocine Menad (détenteur du doublé, coupe championnat en 1998).Aujourd’hui, la célèbre école du CRBM est réduite à une simple figuration. Les raisons sont connues. C’est l’absence de moyens. “Nous sommes complètement livrés à nous- mêmes. Aucune aide n’est parvenue à notre section. Seule la DJS continue encore à nous soutenir. Les autres responsables nous boudent carrément. Pire, même notre salle a été louée par les responsables du CSA à d’autres sections des arts martiaux. On n’est pas contre, mais j’avoue que c’est préjudiciable pour notre équipement qui a subi une détérioration (ring, miroir, sacs d’entraînement) en plus de l’état de délabrement avancé dans lequel elle se retrouve actuellement”. Notre interlocuteur qui se dit très inquiet du sort de la section illustre la situation alarmante de la boxe à Mekla par le fait que la section ne s’est pas engagée la saison dernière. “Nous n’avions même pas l’argent nécessaire pour engager l’équipe. Malgré cela, nous avions continué à travailler avec l’espoir de voir l’équipe reprendre du service cette saison. Mais à ce jour rien n’est venu. On attend un geste des autorités afin que le CRBM puisse reprendre du service et participer aux différentes compétitions”. Le club qui tourne actuellement avec seulement une vingtaine d’athlètes risque de disparaître. Les boxeurs qui continuent contre vents et marées à s’entraîner commencent à perdre patience. “J’ai des boxeurs qui sont pétris de qualités et qui ont l’avenir devant eux. Mais la volonté à elle seule ne suffit pas. C’est dommage de voir une aussi prometteuse pépinière disparaître faute d’une réelle prise en charge des autorités chargées de la promotion du sport et de la sauvegarde de notre jeunesse”. Le cri d’alarme est lancé. Désormais la balle est dans le camp des responsables qui savent que si le niveau de notre boxe, jadis la fierté de notre sport individuel, a sombré dans la médiocrité, c’est quelque part en raison de ce qu’endurent actuellement de prestigieuses écoles comme celle du CRB Mekla.
A. C.
