Les élus «quartiéristes»?

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A Ivorassene, localité rattachée à la commune de Oued Ghir et située à quelques 7 à 8 km de Bgayet sur le RN 12, le maire «a goudronné deux pistes privées avec les deniers publics : l’une pour un élu local, l’autre au profit d’un responsable de la commune, alors que les autres routes du village sont laissées dans un état lamentable voire périlleux pour ceux qui les empruntent». C’est ce qui ressort, entre autres, de la déclaration incendiaire diffusée à tous les responsables et à l’opinion publique par les responsables de l’association sociale et culturelle d’Ivorassene. Et les membres de cette association, très dynamiques du reste, n’en sont pas à leur premier écrit. Ils ont constitué un volumineux dossier qui contient toutes les préoccupations des villageois ainsi que toutes les doléances insatisfaites. Car, en plus de l’état des routes, ils reprochent aussi au maire d’avoir autorisé un entrepreneur, pour les besoins de son chantier, à se brancher sur le réseau d’AEP alors que l’eau manque au village. Décidément, c’est à croire que les villageois voient dans chaque acte du maire une volonté délibérée de «faire du piston». Invité à s’exprimer sur les faits qui lui sont reprochés, le P/APC de Oued Ghir, M’Cheikh Zahir, souligne que sa commune a fait un choix délibéré en assemblée de goudronner, avec les moyens de l’APC, en bitumage traditionnel, deux pistes à Ivorassène, l’une de 300 m et l’autre 450 m. Le goudronnage de ces pistes est réalisé pour désenclaver deux quartiers isolés à Ivorassène. Les autres routes seront bitumées dès qu’on aura fini avec le terrassement pour le passage du gaz naturel et la réhabilitation du réseau d’AEP, c’est-à-dire en 2006. Mais ce que reprochent les habitants à leur maire, c’est que dans l’un de ces deux quartiers, habite un élu local et dans l’autre un responsable de la commune.Le maire qui ne voit là que le fruit d’un pur hasard, soutient par ailleurs, que l’élu local et les fonctionnaires de la commue sont, après tout, des citoyens de la commune et ont droit comme tout un chacun à un minimum de confort. Et c’est-là que les responsables de l’association voient un acte de favoritisme au profit du sérail local. Une situation similaire s’est produite récemment à Tichy où les habitants du douar Tizi Ahmed avaient assiégé l’APC pour protester contre le fait que le maire, selon les manifestants, ne s’occupait que du quartier où il habitait et se désintéressait du reste de la commune. S’agissant de l’autorisation donnée à un entrepreneur de se brancher sur le réseau d’AEP, le maire affirme qu’il n’en est rien. Il s’agit, en fait, d’un citoyen qui construit sa propre maison sur un lot de terrain qu’il a acquis en 1992 dans le cadre du social. Et d’ailleurs continue le maire, «un branchement sur le réseau d’APE ne dépend pas de l’APC mais de l’EDEMIA».

B. Mouhoub

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