La situation est la même au niveau des autres zones industrielles de la wilaya de Béjaïa. Dans un récent rapport publié par la CAP de Béjaïa, en sus du problème de la non régularisation du foncier, il est fait état que les zones d’activités de la wilaya portent sérieusement atteinte à l’environnement.
Les opérateurs économiques de la zone industrielle d’El-Kseur font face à une situation jugée par la Chambre de commerce et d’industrie Soummam Béjaïa dans une lettre adressée à qui de droit d’« anormale ». Et pour cause, cette zone, selon la CCIS, est laissée depuis plusieurs années à l’abandon d’où sa « dégradation totale».
En témoignent, les voies d’accès impraticables, les réseaux d’assainissement obsolètes, l’éclairage public défectueux, absence des réseaux AEP et gaz au niveau de cette zone. Selon les rédacteurs de la missive, l’accès à cette zone en période hivernale surtout est quasiment impossible du fait de l’impraticabilité de la route. La situation est plus alarmante s’agissant de l’état du réseau d’assainissement qui pose, d’après la CCIS, un vrai problème d’hygiène et de santé publique. Quant à l’absence de l’éclairage public dans cette zone, les opérateurs économiques d’El-Kseur sont confrontés à un réel problème d’insécurité notamment à la tombée de la nuit. Face à cette situation « anormale », la CCIS en appelle au wali de Béjaïa, en le sollicitant d’intervenir pour « mettre fin au calvaire des opérateurs économiques de la zone industrielle d’El-Kseur ». Ces derniers, estime la CCIS, risquent au cas où cette situation perdurerait de mettre la clé sous le paillasson. Triste sort d’une dizaine d’opérateurs participant pourtant au renflouement des caisses de la municipalité d’El-Kseur. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie Soummam Béjaïa estime qu’il est urgent d’y remédier à cet état de fait, en procédant à la réhabilitation de cette zone industrielle. Une zone, dit-il, qui a servi de zone de redéploiement des activités qui n’ont pas pu accéder à des terrains industriels au chef-lieu de wilaya de Béjaïa.
La situation est la même au niveau des autres zones industrielles de la wilaya de Béjaïa. Dans un récent rapport publié par la CAP de Béjaïa, en sus du problème de la non régularisation du foncier, il est fait état que les zones d’activités de la wilaya portent sérieusement atteinte à l’environnement. Comment ? La non dotation de ces zones de stations d’épuration laisse nos opérateurs déverser leurs déchets dans la nature, faisant réagir la CAP de Béjaïa en tirant la sonnette d’alarme. La liste des problèmes recensés par la CAP au niveau des zones d’activités de la wilaya est encore longue assombrissant davantage le tableau. Selon les rédacteurs du rapport, aucune zone d’activité n’est raccordée au réseau du gaz naturel. Face à cette situation, les opérateurs consommant cette ressource énergétique utilisent le gaz propane.
L’énergie électrique fait aussi défaut à ces zones, selon la CAP, en précisant que des coupures fréquentes sont enregistrées quotidiennement dans pratiquement toutes les zones. Des coupures, explique-t-on, qui sont à l’origine des arrêts et des pannes souvent de longue durée des équipements. Cela, s’indigne-t-on, pénalise fortement l’activité des opérateurs économiques de Béjaïa. S’y ajoute l’inexistence ou la défaillance de l’éclairage public.
S’agissant de l’entretien des infrastructures communes à ces zones, la CAP indique dans son rapport qu’elle n’est pas assurée, chose qui a engendré une dégradation avancée des réseaux d’assainissement, AEP et de voirie. Aussi, note-t-on, les fortes précipitations provoquent des inondations au sein de ces zones endommageant ainsi les matériels et paralysant l’activité durant des jours, voire des mois.
Cette situation, cite-t-on à titre d’exemple, est vécue particulièrement par la zone de Taharacht dans la commune d’Akbou. Là l’oued Tifrit traversant cette zone représente, estime-t-on, un danger susceptible de provoquer une catastrophe pour les unités qui y sont implantées. La CAP de Béjaïa suggère la construction de digues sur les deux rives de cet oued pour faire face à d’éventuelles menaces.
Plus spécifique, la CAP de Béjaïa révèle que plusieurs projets d’investissement sont bloqués. C’est le cas à la zone d’activité d’Ibourassene dans la commune de Oued Ghir. Selon elle, les travaux de viabilisation de cette zone ne sont encore pas engagés, d’où le blocage des projets des investisseurs. Cette situation perdure depuis plus de dix ans. Là aussi, les bâtisses devant recevoir ces projets ne sont toujours pas alimentées en en eau et en électricité. La même situation prévaut au niveau des zones de Toudja et Tala Hamza.
La zone d’activité de Tala Hamza est confrontée même à une situation inextricable. Il se trouve, révèle-t-on, que l’entreprise nationale ENGOA s’est implantée dans cette zone causant ainsi son enclavement.
Le marché hebdomadaire implanté au milieu de la zone d’activité de Souk El-Tenine perturbe sérieusement, d’après la CAP, l’activité des unités et entrave la circulation des engins. Une autre menace guette également cette zone. Il s’agit de l’oued Aguerioun. Pour la CAP, il est plus qu’urgent de traiter ce problème avant qu’une catastrophe ne survienne.
Face à cette multitude de problèmes recensés dans les ZAC, la CAP interpelle les pouvoirs publics pour procéder à la réhabilitation, à la régularisation du foncier de ces zones et les dossiers des investisseurs. Dans le cadre de la pénétrante autoroutière, l’administration est sollicitée par la CAP pour prévoir des bretelles pour relier ces zones à cet axe routier. Et pourquoi pas à la voie ferrée.
Dalil S.

