La mairie paralysée

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A l’instar de leurs collègues des autres wilayas du pays, les travailleurs communaux des 52 communes de la wilaya de Béjaia ont répondu favorablement et massivement au mot d’ordre de grève de trois jours (les 21, 22, et 23 février 2011) lancé par le SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique).

Le secrétaire général de l’Union des communes de la wilaya, Nouredine Kerkour précise que le taux de suivi de cette grève se situe à hauteur de 85 % pour l’ensemble des communes et ajoute qu’en appui à cette action, une marche des grévistes est prévue pour aujourd’hui mercredi, de l’esplanade de la Maison de la culture d’Aamriou jusqu’au siège de la wilaya.

Cette grève qui touche l’ensemble des travailleurs communaux, c’est-à-dire l’état civil et les services techniques, indique notre interlocuteur, mais assure cependant, conformément à la réglementation en vigueur, un service minimum pour inscrire un décès et délivrer un permis d’inhumer, pour dégager un arbre qui tombe au milieu d’une route, ou, par exemple, pour analyser une eau douteuse susceptible de causer des maladies à la population. Les principales revendications des grévistes sont écrites sur des banderoles accrochées sur le mur de la façade des services communaux sis à la rue de la Liberté d’El Khemis, il est loisible aux passants de lire : “ Pour un salaire compatible avec le pour d’achat », « Non à l’atteinte de la dignité des travailleurs », « Non à l’exploitation des travailleurs du filet social et de l’emploi des jeunes », « Pour l’intégration des vacataires et des contractuels » et « Pour l’abrogation de l’article 87 bis de la loi 90/11 qui empêche l’augmentation du SMIG. L’autre raison qui pousse les travailleurs à la grève soulignent les syndicalistes est le fait que les pouvoirs publics demeurent sourds à toutes nos revendications exprimées lors de nos grèves précédentes notamment celle du mois de mars de 2 jours et celle du mois d’avril de 3 jours qui sont restées sans résultat à ce jour. Toujours aux dires des grévistes, le pouvoir en plus de ne pas tenir ses promesses, méprise les travailleurs communaux, et leur ferme toutes les portes du dialogue, comme s’il ignore la misère qui s’installe dans leurs foyers.

Les salaires des communaux vont, selon les responsables du SNAPAP, de 9000 DA à 30000 DA, précisant que 30000 DA toutes primes comprises est pour les ingénieurs et les directeurs. Les chauffeurs sont payés à 12000 DA, les agents de nettoiement entre 12 000 et 15000 DA, les techniciens entre 17000 et 22000 DA les techniciens supérieurs entre 25000 et 27000DA, les manœuvres entre 12 et 13000 DA et les agents de bureau à hauteur de 16000 DA. Quant au filet social, c’est véritablement l’esclavage des temps modernes : des pères de famille qui travaillent 8 heures par jour sont payés à 2500 DA par mois, et parmi eux, il y en a qui attendent leur intégration depuis 14 ans. Les contractuels et les vacataires, dont les salaires oscillent entre 8000 et 9000 DA, ne sont pas mieux logés puisque eux aussi attendent leur intégration depuis plus de 10 ans. Quant aux retraités de la commune, le secrétaire général de l’union des communes témoigne,ils sont sortis avec des pensions de misère, et tendent carrément la main pour demander l’aumône.

Le responsable du SNAPAP au niveau de la wilaya déclare que des augmentations sont demandées en 2006 et l’indice qui était de 27 DA est passé à 45 DA mais au lieu de profiter aux travailleurs qui ont un salaire de misère c’est plutôt les hauts cadres de l’Etat qui en ont bénéficiés puisque les catégories de A à G ont des salaires faramineux qui vont de 20 à plus de 40 millions de centimes par mois. On n’en est pas contre mais payer dans le même pays un père de famille à 2500 DA par mois, il y a quelque chose qui s’apparente à une injustice.

B. Mouhoub

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