Le sucre et l’huile moins chers

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A l’instar du Ramadhan 2004, le groupe Cevital va baisser les prix de ses produits (sucre, huile et margarine) durant le mois de carême prochain prévu pour la première semaine d’octobre. Cette annonce a été faite par le premier responsable du groupe agroalimentaire, Issaâd Rebrab, au cours d’une conférence de presse, tenue hier au siège de Cevital à Alger sous le thème : “Impact de l’accord d’association sur la filière sucre”. Espérant tout de même que cette année, le Ramadhan ne connaîtra pas des spéculations sur les produits comme l’huile de table, qui ont conduit à des pénuries, ayant eu un effet haussier sur les prix. Au cours de la rencontre, le patron de Cevital développera un exposé sur l’impact de l’accord avec l’Union européenne, notamment sur la filière sucre, dont le groupe privé est l’un des piliers de cette industrie en Algérie. Il fera un ensemble de remarques sur les clauses de l’accord et critiquera sans le remettre en cause son existence, le système de contingentement de la marchandise importé. Il y a quelques semaines, l’homme d’affaires algérien a eu à exprimer son point de vue sur la question. Pour lui, le contingentement est néfaste pour l’économie et les opérateurs économiques. Il est pour une autre option, celle de vendre aux enchères les contingents. Il soulignera lors de la rencontre “les déséquilibres dans les conditions entre les deux parties, laissant apparaître un avantage flagrant pour l’UE.”Il étaye ses propos par des exemples concrets. Le déséquilibre est visible, notamment sur les produits céréaliers et la pomme de terre. Ainsi, l’accord octroie un contingent de 400 000 tonnes de blé à l’UE en échange de produits céréaliers transformés pour l’Algérie, soit 1% de l’avantage consenti. Pour la pomme de terre, l’octroi d’un contingent de 5 000 tonnes de pomme de terre fraîche à exporter entre le 1er janvier et le 31 mars en contrepartie d’un quota pour l’UE de 45 000 tonnes de semnce représentant en valeur plus de 600 000 tonnes de pomme de terre fraîche. Il fera remarquer également que l’accord, rentré en vigueur le 1er septembre dernier, permet à l’Algérie d’exporter de manière illimitée vers l’Europe, des produits “virtuels”, tels que whisky, cognac, brandy, calvados mais aussi pour d’autres produits comme les confitures tropicales, sachant déjà que l’Algérie n’est aucunement un producteur de ce genre de marchandises. Dans la filière sucre, qui le touche de plein fouet, étant l’un des principaux fabricant, Rebrab notera là aussi les “avantages énormes accordés à l’UE sans contreparties”. Il attirera particulièrement l’attention sur l’absence de réciprocité dans l’exportation de cette matière, malgré que l’Algérie en sera exportatrice dès juillet 2006. L’UE peut en revanche exporter son sucre blanc à hauteur de 150 000 tonnes avec une totale exonération de droits de douanes. En sus, on peut être pis encore, “les producteurs nationaux de sucre, souligne-t-il, sont assujettis pour ces importations de matière première (sucre roux) à 05% de droits de douanes”. Une situation qu’il qualifie de déloyale de l’UE au détriment de la production nationale.D’aucuns ont soulevé des points en défaveur des opérateurs algériens, induits par l’accord qui a été par ailleurs, jugé mal négocié par l’Algérie…

Elias Ben

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