La wilaya de Bouira a fait un remarquable bond en avant dans plusieurs secteurs clés, mais, elle enregistre un retard inquiétant dans un secteur primordial, celui de l’hygiène.
En effet, un constat de départ s’impose : Bouira est sale ! Partout les déchets s’accumulent, les citoyens sont agressés de toute part, encerclés par les immondices, dans tous les coins de rue, dans chaque cité même les espaces de détentes sont assaillis par ce fléau. Les exemples de cette dégradation alarmante de l’hygiène sont malheureusement innombrables. Au niveau des quartiers, par exemple, tout n’est que déchets, saletés et impuretés. Des quartiers populaires, comme l’Ecotec, aux quartiers les plus huppés, comme La Cadat, aucun espace n’échappe à cette gangrène. Aux grandes artères de la ville, le même schéma se reproduit, les mêmes scènes se dupliquent, mégots de cigarettes, gobelets en plastique et autres emballages alimentaires, forment un tableau des plus noirs, de la grande avenue de Draâ El Bordj à celle de la wilaya censée être un faire-valoir de Bouira. Ces avenues sont inondées de détritus en tous genres. «C’est vraiment dommage, on vit dans l’insalubrité la plus totale, il faut dire que les éboueurs ne font pas leur travail», dira Ahlam, femme foyer.
L’esplanade de la maison de la culture n’est pas épargnée
Même les espaces publics de détente, conçus pour être des havres de paix, des petits coins de paradis en milieu urbain se sont transformés au fil du temps, en de véritables décharges d’ordures. L’esplanade de la Maison de la Culture, ce lieu de promenade et de relaxation, s’est transformé en une un vaste dépôt d’ordures où on y trouve de tout, sachets et bouteilles en plastique, emballage de chips, etc. Un autre endroit qui est supposé offrir une hygiène irréprochable, les terrasses des cafeterias. On peut aisément dire qu’elles offrent tout, excepté de la propreté. S’attabler à l’une d’elles requiert du courage et relève de l’exploit ! Cet état des lieux exaspère les citoyens, qui vivent au quotidien dans ce dépôt à ciel ouvert, qui est Bouira. «La municipalité est absente, les éboueurs, qui sont chargés de l’entretien et du nettoyage de la commune est défaillante. En bas de chez moi, en allant au travail, je les vois discuter, accoudés à leurs pelles, au lieu de nous débarrasser de cette saleté. Ils sont rémunérés pour cela», se plaint Adel, fonctionnaire de son état. Rafik, commerçant, a fait une synthèse du problème. «Bouira est dégueulasse, mais que voulez-vous? Les travailleurs de la commune ne font pas leur travail et la population n’a pas la culture de l’hygiène», peste-t-il. En effet, d’un côté la municipalité qui fait preuve d’un laisser-aller effarant, et de l’autre, des citoyens qui ont perdu cette notion d’hygiène, pourtant, c’est leur cadre de vie et leur santé qui sont en jeu. Pour conclure, et sans tomber dans une démagogie outrancière, Bouira aspire à être un carrefour incontournable du paysage national. Cependant, pour se faire, il doit y avoir un travail de prise de conscience collective qui doit se faire en amont et en aval, afin que cette wilaya fasse peau neuve.
Ramdane B.

