L’Institut national des techniques d’hôtellerie et de tourisme (INTHT) de Tizi Ouzou qui dépend du ministère du Tourisme est l’unique établissement en son genre qui existe dans le pays. Ayant ouvert ses portes, il y a plus de 30 ans, cet établissement se distingue par les qualités des formations qu’il assure, c’est ainsi que sa renommée, dépasse nos frontières. Pour mieux découvrir cet institut, nous avons sollicité M. Ferhat, son directeur qui nous parla de cette prestigieuse école, que des milliers de jeunes en quête d’une formation, prennent d’assaut à chaque veille de rentrée professionnelle. La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?ll M. Ferhat : L’INTHT a ouvert ses portes en 1971. Il a été inauguré par le président Houari Boumediène en 1972. Depuis, il a formé des générations de stagiaires. En 2004, nous avons ouvert une annexe à Tlemcen, dont la première promotion sortira le mois de novembre, qui est composée d’une cinquantaine de stagiaires en cuisine. L’établissement forme des jeunes du niveau de la 3AS et au bac de l’année en cours. Les spécialités qui sont disponibles en hôtellerie sont la cuisine, le restaurant et l’administration hôtelière. En tourisme, nous avons l’accueil et l’animation et prochainement, nous lancerons bientôt la formation de guides accompagnateurs. Cette nouvelle rentrée se déroule-t-elle dans de bonnes conditions ? ll La seule différence pour la rentrée de cette année, c’est que nous avons dissocié les épreuves écrites de l’entretien d’avec les jury. Or, les années précédentes, nous faisions tout à la fois. Nous espérons qu’à travers ce changement, les résultats seront meilleurs. Excepté cela, les choses se déroulent le plus normalement du monde. Combien de nouveaux stagiaires aurez-vous pour cette rentrée ?ll Pour Tizi Ouzou et l’annexe de Tlemcen, nous aurons entre 200 et 210 stagiaires dont 160 pour Tizi Ouzou. Evidemment, le nombre de jeunes qui se sont inscrits dépasse de loin ces chiffres ?ll Effectivement, la demande par rapport à l’offre est très déséquilibrée. Nous avons une demande annuelle qui tourne autour de 1 300 dossiers qu’on traite. Avec les rejets, on se retrouve chaque année entre 800 et 900 qui sont convoqués pour les tests de sélection. Et pourtant, il existe des écoles privées et des établissements de formation professionnelle qui ont la même spécialité. Comment expliquez-vous cette ruée vers votre institut ?ll En citant les écoles privées, je dirais que je ne me compare pas à ces dernières, parce que tout est différent par rapport à nous, que ce soit dans la durée de formation, et les diplômes. A la place de diplôme, ils délivrent des attestations de formation. Chez nous, la formation est gratuite, chez eux, c’est payant et c’est tout à fait normal qu’elle soit payante. On pourrait prendre pour comparaison les INSFP de la formation professionnelle qui sont d’ailleurs rares. Il existe actuellement un INSFP à El Tarf et d’autres en voie de création, à l’exemple de celui de Boumerdès et de Ouaguenoun. Je crois que la formation professionnelle ne fait que débuter dans ce domaine. Par contre, l’INTHT de Tizi Ouzou, qui forme depuis 1971 et qui offre des formations de qualité est d’une renommée nationale et même au-delà de nos frontières. Je trouve tout à fait normal que notre insitut attire autant de jeunes en quête d’une formation. En tant que responsable de cette école, quelle orientation pouvez-vous donner aux autres responsables des INSFP qui sont spécialisés dans le même domaine, pour qu’ils puissent connaître la réussite dont vous jouissez ?ll Je crois que la base est de commencer par la formation de formateurs. Actuellement, à notre niveau, nous éprouvons des difficultés pour la relève pour les anciens formateurs, et de ceux qui sont à la veille de la retraite. Il va falloir trouver des solutions afin d’attirer le maximum de gens qui assurerons cette mission. Tant qu’on n’assure pas cette relève, nous ne ferons que chuter vers la médiocrité. Après les formateurs, la priorité est donnée aux équipements. Par exemple, la formation de cuisiniers est très coûteuse, de par l’équipement lourd et par la matière d’œuvre qu’il lui faut garantir. En un mot, il faudrait assurer les moyens humains et matériels pour s’assurer une réussite. Avez-vous pensé à l’extension afin d’augmenter les capacités d’accueil de votre établissement ?ll Nous avons pensé, non pas seulement dans le sens d’augmentation des places pédagogiques mais aussi améliorer les structures de l’établissement par des ateliers modernes et ce, dans le souci de répondre aux normes qui existent ailleurs. Nous avons ainsi comme projet, la réalisation d’un vrai hôtel d’application, avec une réception, une cafétéria et des chambres aux normes internationales. Par cela, nos stagiaires seront directement confrontés à un milieu réel. Pour les places pédagogiques, l’extension bute sur un problème. L’établissement est bâti sur une surface globale de 3 ha. Nous avons un internat de 300 personnes. De grands ateliers de cuisine, deux grands restaurants, une salle de conférence, des salle de cours, des laboratoires de langues etc… Pour augmenter la capacité, il faudra créer d’autres ateliers. Or, pour construire, notre terrain est glissant, d’ailleurs en 2003, nous avons eu la démolition de trois salles de cours. Et pour construire, il faudrait que ce soit sur de bonnes bases, à l’exemple de la salle de conférence qui a été démolie et reconstruite sur une autre base. L’autre possibilité est celle de la création d’annexes à l’est et à l’ouest du pays. Pensez-vous que les jeunes formés à votre niveau trouvent toujours des débouchés dans la vie active ?ll Si je dois parler de débouchés, je dois faire comparaison avec les autres formations. Je dirais que nos stagiaires trouvent plus de débouchés que les autres professions. Le marché de l’emploi et de plus en plus stimulés à l’exemple du projet de réalisation entre Mehri et la chaîne Ancor, pour la création de 37 hôtels en Algérie et nous avons beaucoup d’autres hôtels qui ouvriront leurs portes. S’il y a une réelle relance de tourisme, l’institut de Tizi Ouzou ou les écoles privées ne pourront pas répondre à la demande future. Il va y avoir une très forte demande en personnel qualifié dans le métier de l’hôtellerie et du tourisme. Je souhaite aussi à ce qu’il y ait un vrai rapprochement entre le secteur utilisateur et le monde de la formation et ce qui se doit d’être fait, se fera de concert entre les deux parties.
Entretien réalisé par M. H.
