Qui, un jour, ayant mal à la main ou au dos n’a entendu sa grand-mère ou quelque vieille lui dire : » Frotte-toi avec de l’huile d’olive ». Pour les Kabyles, notamment, l’huile d’olive est la panacée : elle soigne toutes les maladies ! On l’utilise en onctions, en shampoing, on la boit, on la mange telle quelle ou mélangée à d’autres produits. Tout le monde l’emploie, quel que soit l’âge : jusqu’aux nourrissons qu’on a pris l’habitude d’oindre régulièrement d’huile, en en frottant les membres, et en leur faisant une sorte de gymnastique. « Un bébé oint dort paisiblement », disent les vieilles. Des coliques ? Prenez une cuiller d’huile d’olive, disent encore les vieilles ! Une constipation ? Même remède… Cette vertu analgésique, c’est-à-dire anti-douleur, de l’huile d’olive, une étude scientifique vient de la démontrer. Une étude publiée, en ce début de mois de septembre, dans la prestigieuse revue Nature, signale, en effet, qu’une équipe de chercheurs américains du Centre de recherche chimique de Philadelphie a découvert dans l’huile d’olive un élément antidouleur, proche de l’ibuprofène, baptisé oléocanthal. Comme l’ibuprofène, cet élément a de grandes propriétés anti-inflammatoires. La même équipe a montré qu’une dose quotidienne de 50 grammes d’huile d’olive franchement pressée équivaut à 10% de la dose d’ibuprofène employée dans les médicaments pour calmer la douleur chez un adulte. On comprend maintenant que nos grands-mères et nos grands-pères maintiennent à un âge avancé de bonnes articulations et qu’ils souffrent très peu de douleur. On comprend aussi qu’ils tiennent à leur dose quotidienne d’huile d’olive, taghedjawt, qu’ils ingurgitent le matin, au lever, ou dont ils imbibent leur pain, le matin, à la place du beurre !
S. Aït Larba
