Ce chef-lieu de la commune issue du découpage administratif de 1984 s’entête à garder son aspect d’un grand village rural malgré une extension effrénée qui n’en finit pas d’élargir son périmètre urbain, une extension qui a largement franchi les limites du Plan urbain directeur (PUD), et dont la majorité des constructions privées sont recensées illicites. Ce qui aurait été une très belle petite ville avec son panorama paradisiaque n’est en fin de compte qu’un immense village enlaidi par l’absence totale d’aménagement urbain. Quant au plan d’embellissement, c’est un luxe qui ne frôle même pas les esprits des riverains. Les allées enchevêtrées d’entre les cités sont laissées à leur état primitif, ni revêtement en tuf, ni goudronnage ; ce ne sont que des allées en terre battue, poussiéreuses en été et boueuses en hiver. Chaque année et pour faire patienter cette population qui frôle les douze mille habitants, les responsables de l’APC usent du même refrain : « Le projet d’aménagement est pour bientôt ». On a même, à plusieurs reprises, évoqué une enveloppe financière dégagée à cet effet sans qu’on voit les couleurs sur le terrain. Jusqu’à l’heure actuelle, rien de concret n’est venu confirmer les dires de ces responsables auxquels les citoyens ont fini par ne plus accorder de crédit, et la confiance entre administrateurs et administrés en prend un coup au moment où l’Etat a instruit toutes ses institutions pour un travail de proximité à même de rétablir cette confiance combien indispensable entre gouvernants et gouvernés. Cette agglomération martyre, qui a héroïquement combattu l’ennemi d’hier et celui d’aujourd’hui et qui a payé un lourd tribut pour ses positions nobles et courageuses, ne mérite pas ce sort de laissé-pour-compte. Maintenant que l’excuse d’une crise économique et sécuritaire n’est qu’un mauvais souvenir, c’est une aberration qu’un chef-lieu de commune aussi importante soit laissé à son état semi-sauvage, pendant qu’on nous rabat les oreilles avec les chiffres énormes des sommes engrangées dans les caisses de l’Etat renflouées par des hausses historiques des prix des hydrocarbures. Ce projet d’aménagement est un droit que les citoyens finiront par arracher ; heureux serait le courageux responsable qui prendrait à bras-le-cors ce problème. Cette population, qui a démontré par le passé son engagement, lui sera reconnaissante éternellement.
Omar Soualah
