l Décidément, le citoyen ordinaire n’est pas près d’être allégé du poids de toutes les charges qui pèsent sur ses « pauvres » épaules. Bien au contraire, chaque jour que Dieu fait lui ramène un poids supplémentaire, ce qui en rajoute à ses charges qui s’accumulent au fil des années et qui ont fini par l’écraser. Le nouveau poids de cette année est vraiment exceptionnel : les CEM réclament pas moins de 3000 dinars aux élèves pour l’achat des livres. Ecole pour tous et gratuite, dites-vous ? Faisons un petit calcul pour déterminer cette gratuité : 3000 dinars pour les livres, 2000 pour les articles scolaires, 5000 autres pour l’habillement et enfin 2000 dinars entre transport et restauration, total 12000 dinars sauf imprévus et par enfant. A ce stade, le nombre d’illettrés connaîtra un prodigieux saut quantitatif au même titre que la mortalité, faute de soins. Ce sont des parents complètement abattus, avec des mines défaites par l’angoisse, que nous avons rencontrés aux alentours d’un CEM, la révolte perceptible qu’on avait décelée en eux serait difficilement maîtrisable dans le cas où elle vient à déborder. Se contenant à peine, ces pères de famille s’expriment tous à la fois pour nous demander « d’écrire dans le journal », comme si une dénonciation à travers la presse réglerait leurs problèmes. « Dénoncez ! Trop, c’est trop », nous lança un père de cinq enfants tous scolarisés dans ce même établissement, qui enchaîna par : « Tout ça, et dire qu’il a été créé un ministère dit de Solidarité nationale qui engloutit des sommes faramineuses, un fonctionnement bancal, il faut le dire ! »La question qui se pose devant cette situation est comment vont faire ces parents pour y faire face ? Il n’y a que Dieu et les détenteurs des pouvoirs de décision qui puissent avancer une réponse. Quant à notre journal, il continuerait à exercer son principe de proximité et à dénoncer tous genres d’aberrations. Il y a ceux qui veulent nous voir caresser dans le sens du poil, mais quand les limites de l’entendement sont franchies, l’on a envie d’utiliser « Akardache » (la carde). A signaler, enfin, qu’à tort ou à raison, des parents influents s’emploient à sensibiliser les autres parents aux fins de boycotter ces livres, une action qui semble recueillir un fort consentement auprès de ces démunis qui cherchent une échappatoire.
O. S.
